Faeris : Le Royaume des Duels

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Re: Le Démon d'un autre monde

le Ven 7 Juil - 15:35
Alors on va pas y a aller par 4 chemins : Je t'aime Honey-chan ♥ et hâte pour lire la suite ^^
Voilà, ni plus ni moins ... Bon ok j'arrête :'(
Sérieusement, j'ai bien aimé Honey-chan et je peux confirmer pour la fluidité mais pour le moment, je ne peux pas vraiment non plus donner un avis détaillé étant donné que ce n'est que le début. D'un autre côté et comme tu l'avais dit, tu as opté pour un début plutôt cliché et classique donc rien de vraiment spécial pour le moment mais ce n'est pas important étant donné que seul le développement compte. Si tu arrives, non je suis sûr que tu vas y arriver à construire quelque chose d'assez intéressant en allant à l'encontre de ce qu'on pense ou plutôt de ce que je pense à l'heure actuelle. En tout cas, je ne peux qu'espérer et attendre la suite pour le moment.


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Ven 7 Juil - 21:48
Blue, j'apprécie ce commentaire sur la fluidité de ce que j'ai pu poster. En gros, si tu veux un avis, j'ai écrit et réécrit ces chapitres une bonne dizaine de fois, avec des ajouts en matière de pavés d'explications. Et évidemment, un avis précis sur ce qui a été posté jusqu'ici ne peut être donné parce que ... ben ce n'est que le début. Après, je pense que lorsque j'aurai posté le chapitre suivant, je demanderai un avis du lecteur sur les personnages.
Et pour ce qui est du cliché, en fait, je préfère l'adopter tout en optant pour un certain détachement au bout d'un moment, ce que tu pourras constater au fur et à mesure des posts qui passeront de deux à trois fois par semaine. Comme ça, y aura un chapitre/semaine et j'ai pas mal de marge avant d'être complètement rattrapé.


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Dim 9 Juil - 0:15
Dimanche = Post d'un chapitre donc voici le chapitre 3.
No remarques sur ma façon de jouer sur les points de vue et encore moins sur mes connaissances en ruling

Go page 1 pour lire ce nouveau chapitre

Edit: et f*ck parce que je ne peux pas mettre 3 chapitres sur un seul post ... y a pas un moyen d'intercaler des posts entre deux ? Sinon, je vais devoir prendre plus de place sur le 2è topic de cette fic ...


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Dim 9 Juil - 12:28
Je suis paumé dans cette phrase --'


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Lun 10 Juil - 23:48
je viens de finir le chap 1 et je dois dire que j'aime bcp le fait que Mina s'adresse directement a nous. Sinon le personnage de Dan a l'air bien badass sa mère XD suis presser de lire le chap 2 pour voir le duel Warren/Dan s'il est dans le chap 2 bien sur Very Happy


Le Roi des Crocs Flamboyants te salut.

Fang's Road, Activation! Ike Ze!
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Re: Le Démon d'un autre monde

le Lun 10 Juil - 23:52
J'ai préféré faire parler Mina parce que je voulais un regard en dehors du Duelliste.
Et tu trouves Dan badass ? La suite va te fasciner.
Pour le chapitre 2, je te souhaite bonne lecture. Par contre, tu risques d'avoir une difficulté pour certaines cartes ...


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Mer 12 Juil - 0:21
Voilà, on est mercredi depuis 21 minutes (sauf chez Blue) et donc, qui dit mercredi dit nouveau chapitre. C'est parti pour le chapitre 4 ^^ Nice reading


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Dim 16 Juil - 22:11
Chapitre 19 - Maîtriser ses émotions ...

Spoiler:
Juste après le dernier tirage et dès que tous les gens présents dans la salle se lèvent, Klothilde vient nous voir, l'air pas vraiment rassurant et une coupe de champagne en main. Warren se lève quand même en soupirant. Elle interpelle l'ensemble de notre équipe :

- Bon, ben en fin de compte, nous allons quand même nous affronter dimanche et croyez bien que je le regrette. N'espérez aucun sentiment de pitié de notre part, bande de minables Duellistes de seconde zone. Nous serons …
- On s'en fout de ce que vous serez !!, s'énerve Warren en se dressant face à Klothilde, leur front étant espacés de cinq centimètres. Ça ne vous est jamais venu à l'idée de fermer votre satanée gueule de pét***e. Personne ne s'intéresse à ce que vous serez dimanche, ni à ce que vous porterez comme bijoux ou comme horrible tenue insignifiante. Votre vie, vos impressions n'intéressent personne et … moi, personnellement, je vous dirais que je m'en tamponne mais quelque chose d'intense. D'ailleurs, vous me tapez sur le système, pour rester poli, et ce, depuis qu'on a entendu parler de vous pour la première fois, c'est-à-dire au début du Tournoi. Depuis qu'on vous a rencontré, c'est rabaissage sur rabaissage … enfin, je devrais plutôt dire pseudo-rabaissage sur pseudo-rabaissage, étant donné le pathétique niveau d'intimidation que vous dégagez. JE NE SUIS PAS VOTRE BONNICHE, C'EST CLAIR ? Personne parmi mes coéquipiers n'a envie de faire partie de votre attroupement de larbins. Je ne suis pas à votre service donc je peux librement vous dire que vous me les brisez et donc, vous ne pouvez pas me frapper ou me virer. Et je ne serai jamais à votre service. Je n'ai absolument pas envie de porter une robe à froufrous et un tablier noir. Me faire traiter d'esclave, très peu pour moi. Je ne suis pas un assisté. Je n'ai besoin de personne pour me laver ou m'habiller le matin. Vous me faites pitié en ayant une vie comme celle-là, Altesse. Donc, être un larbin, ça ne rentre pas dans mes cordes. Compris ?
- …
- Ce silence est révélateur de votre faiblesse. Mais, pour être honnête, quand je vous vois et quand je vous entends balancer des provocations en tout genre, tout ce que vous me donnez … c'est une envie intense de me gratter une zone plutôt intime, si vous voyez de quoi je parle. Vous ne m'intimidez absolument pas. Je n'ai absolument pas peur de vous. Je suis sûr que même un enfant de huit ans n'aurait pas peur de vous. Au contraire, il serait plus en train de rire et de se rouler par terre plutôt que de pleurer. Vous savez ce que ça veut dire ''provocation'' ? Non ? Ça tombe bien, on va regarder sur Internet … Bon, alors … ''provocation'', … le dictionnaire nous dit : ''Acte par lequel on cherche à provoquer une réaction violente''. C'est marrant, je n'ai jamais vu une seul once de violence dans vos propos. Pas une seule émotion se dégage de tout le tissu d'inepties que vous balancez sur tout le monde, … ah si, excepté l'envie de se moquer copieusement de vous. Je dis ''moquer'' et pas ''insulter'', ça … rien que le fait de nous lancer des piques, c'est déjà une insulte à mon égard et je me retiens de vous déballer tout un florilège d'injures venues de la rue, un monde qui vous terroriserait. Vous n'aurez jamais le talent pour insuffler ne serait-ce que le moindre frisson chez chaque membre de notre équipe et de notre fantastique staff. Ça, vous le comprenez au moins ? Non ?
- …
- Quelle solidité … ou plutôt fébrilité à voir les petits vaisseaux sanguins qui gonflent un peu partout sur votre crâne et à votre teint qui vire au rouge. On dirait une pivoine. J'en ai rien à faire que vous fassiez partie des meilleures Duellistes du monde, que vous ayez gagné un, deux, trois, quatre, cinq, dix, quinze ou cinquante grands tournois. Vous nous gonflez sérieusement à rappeler toutes ces vieux contes qu'on raconte aux enfants pour qu'ils puissent s'endormir le soir. Vous savez, personne, même en ayant un discours préparé sous la main, n'aurait les tripes pour dire ce que je vais vous dire … mais moi, j'ai justement les tripes pour vous dire ce que je pense de vous. Si vous avez envie de provoquer, alors laissez-moi dégainer le premier : Juste de vous à moi, la seule raison pour laquelle vous êtes devenue une grande championne en Duel de monstre : c'est parce qu'on vous a appris depuis votre adolescence à donner de jolies enveloppes bien garnies sous la table, et d'approfondir certaines connaissances traitant de l'anatomie humaine et des relations sociales. J'espère que c'est assez clair, sinon n'hésitez pas à me demander de répéter. Je le ferai de façon plus claire. C'était sans doute un peu trop soutenu ?
- …
- Allez, je la refais de façon plus claire et avec des mots plus simples, juste pour le plaisir : Son Altesse la Princesse Klothilde n'est rien d'autre que la plus grosse sa***e de tout l'univers du Duel de Monstre. … Je sens que ça vous fait un petit effet quand même. Moi, je n'ai besoin que d'un seul petit Duel pour vous botter le derrière et l'expédier directement à votre enfoiré de père dans votre petite bicoque miteuse en Bavière via colis postal en recommandé. Je vais vous dire, je chausserai même une paire de Rangers pour vous montrer que ce n'est pas des menaces en l'air. Oui, je traite votre père d'enfoiré quand on voit la grandeur de l'égocentrisme et de la sa******e de la quiche qu'il a engendré. Lui aussi doit aimer se pavaner dans sa bicoque avec son petit manteau de fourrure et son petit verre de Saint-Émilion en main. … Regardez-moi quand je vous cause ! C'est la moindre des politesses. On ne vous a jamais appris à regarder les gens dans les yeux quand ils vous parlent. C'est d'ailleurs ce qu'on appelle la courtoisie, vous devriez pourtant connaître, non ? Vous qui êtes une aristocrate qui ne fait que péter plus haut que son cul ? Les bonnes manières, c'est pas en option. C'est pourtant le premier truc qu'on apprend chez les bourges dans votre genre. Moi quand je vous vois, je m'incline, et je vous vouvoie, par respect à votre rang, même si ça me fait mal. Mais est-ce que vous méritez d'être princesse de Bavière ? Vous n'avez aucun honneur. Vous voyez, tout comme moi, Warren Fuzenki, j'ai laissé mon cœur à Akinokuwa. Vous, Altesse, devant des millions et des millions de gens dans le monde, avez clairement laissé votre courage en Bavière, si ce n'est plus … si vous voyez ce que je veux dire.
- …
- C'est sûr que la fifille à papa toute pourrie gâtée, elle doit être toute contente d'être privilégiée. Tout le monde doit se pâmer devant votre prétendue grandeur. Encore heureux que vous sachiez tenir un Disque de Duel parce que là, on serait mal barré. J'espère quand même que ce n'est pas bo-bonne derrière vous qui vous l'attache au bras. Et ce n'est quand même pas elle qui pioche une carte à votre place ? Ce serait effectivement le pompon, la cerise sur le gâteau. Vous savez quoi ? Vous me les brisez modèle géant et je n'hésiterai pas à vous faire avaler chaque perle de vos colliers, tout en vous donnant un bottage de cul dont vous vous souviendrez un long, très long moment. Alors, laissez-moi vous expliquer une chose … Altesse. Dimanche, votre adversaire, … vous aurez affaire à moi ! Warren Fuzenki ! Attendez-vous à un Duel intense ! Et je vous ferai regretter vos paroles ! Est-ce que je me fais bien comprendre ?
- …
- Dimanche, reprend-t-il en agrippant le col en soie de la robe de la princesse, il y aura un gagnant et une perdante. Je crois que cette perdante va courir se réfugier dans les jupons de sa maman, les yeux en train de suinter après s'être fait botter le cul au moins une bonne dizaine de fois. Vous pleurerez comme une petite chialeuse à sa maman. Et si vous perdez, je vous garantis que vous perdrez plus qu'un simple Duel. Vous serez condamnée à échouer à nouveau aux portes de la finale du Tournoi. Et là, je pourrai jubiler en vous voyant pleurer comme une petite madeleine. Donc, si vous prétendez être une des meilleures Duellistes au monde, vous feriez mieux de vous entraîner sérieusement parce que votre titre de ''Princesse du Duel'' craint totalement. Au fait, arrêtez de rougir, ça vous rend encore plus laide ! Et au cas où vous n'auriez pas compris tout ce que je viens de vous dire, j'ai toujours quelques notions en langage des signes, donc voici les deux gestes que je maîtrise le mieux. Les voici, rien que pour vos yeux !

Il tend ses deux majeurs à Klothilde, devant les yeux ébahis d'une grande partie des invités présents dans la salle. J'ai bien cru que Klothilde allait briser son verre à force de le serrer. Elle a les yeux écarquillés au maximum et le teint de son visage passe du visage normal à rouge pivoine, limite en mode ''bouilloire sur le point d'exploser''.

- Pour finir cette magnifique algarade de ma part je n'ai qu'un mot à dire : ''Fais ce que tu as à faire et ferme la.'' ! Et c'est le mot de la fin parce que je l'ai décidé ! À dimanche, Altesse !

Il lui tourne le dos, chose assez scandaleuse quand on est un gentleman face à une personne appartenant à la noblesse, et se rend aux toilettes pour se passer de l'eau sur le visage. Le reste de la salle est totalement silencieux car l'attention est entièrement braquée sur les deux Duellistes … ou plutôt sur le ''show Warren'', une démonstration de ce qui se fait de mieux en matière de provocateur à Akinokuwa.

Dan se retient d'exploser de rire. De l'autre côté de la salle, Sid et le reste de sa clique, qui ont également assisté à la scène, sont tous bouche bée et s'approchent pour mieux voir ce qui va se passer. Étrangement, ils semblent soutenir la réaction de leur ancien acolyte. Je ne me souviens pas l'avoir vu être aussi vulgaire avec une fille. Warren commence à péter un plomb et ça fait très longtemps qu'il n'a pas eu ce genre de réaction. La dernière fois, trois élèves avaient fini à l'hôpital et Warren s'était auto-exclu du lycée trois semaines. Qu'est-ce que je veux dire par ''auto-exclu'' ? Warren a refusé de revenir au lycée les trois semaines qui ont suivi ce malencontreux accident. Et pour la petite histoire, si Dan n'était, là encore, pas intervenu, il y aurait eu sûrement plus d'élèves victimes de Warren, moi y compris. Là, il a posé la main sur le col de la robe de la princesse et vu la tête qu'elle tire, ça ne présage rien de bon. Le ton de notre demi-finale est déjà donné et … quel ton ! Cinq minutes plus tard, Warren ressort des toilettes et nous retrouve, de l'eau dégoulinant de son visage sur sa chemise. Il n'y est vraiment pas allé de main morte avec sa future adversaire de ce week-end.

- Oui, bon, j'ai un peu laissé mes émotions prendre le dessus, avoue-t-il. Au fait, où est-elle, que je puisse m'excuser ?
- T'es sérieux ? Tu veux t'excuser ?, dit Veneko.
- Ouais, je crois y être allé un peu fort.
- Ne va surtout pas t'excuser, dit Veneko. T'as été filmé par les caméras et je peux te dire que les journalistes avaient l'air de se frotter les mains. T'excuser, ce serait prouver que tu te dégonfles face à Klothilde.
- Tu crois ? Elle a été choquée, la bourge ?
- Tu m'étonnes, dit Dan. Elle vient de repartir avec toute son équipe et ses gorilles. Mais elle nous a dit qu'elle était d'accord pour te régler ton compte dimanche et qu'elle nous réserve une surprise à toi et à moi. Elle a même brisé son verre de champagne.
- Elle a dit quoi ?
- Qu'elle te ferait ravaler tes provocations à la noix, qu'elle t'arracherait les cheveux un par un et qu'elle te les ferait ingurgiter avec du poivre rouge, qu'elle te ferait empaler au sommet d'une tour de son château et d'autres choses poétiques dans le style, dit Dan. Je ne sais pas si elle a dit qu'elle te ferait enterrer vivant.
- C'est rassurant. Mais pourquoi une surprise à toi aussi ?, demande Warren.
- Sais pas. En tout cas, j'ai hâte de voir ton Duel.
- Elle n'a quand même pas parlé de porter plainte ?
- Seulement si tu perds ton Duel … mais là, tu peux risquer gros pour diffamation envers une personne royale.
- Tu sais, la justice et moi, on ne s'est pas trop compris par le passé …
- Même Sid était étonné de te voir comme ça, dit Veneko. C'est vrai que tu l'as remise à sa place de la manière qu'il fallait.
- Ne le soutiens pas, répond Nejma à son frère. On aurait pu le sanctionner.
- Attends, la dernière fois que j'ai vu une altercation comme ça, dit Dan, c'était lors d'une pesée lors d'un match de boxe et ça avait dégénéré en combat. Mais faut que je t'avoue que se retenir de rire, c'était compliqué.
- En tout cas, tu t'es calmé et c'est le plus important, dis-je.
- Ouais, mais il y a encore quelqu'un avec qui je veux régler mes comptes.
- Ils sont en train d'être interviewés en ce moment. Et je ne pense pas qu'ils souhaitent parler avec toi, dit Veneko.

Puis, c'est au tour des Flame Charmer de venir nous voir. Alicia est toute souriante et se colle toujours à Dan. Mais Jeff s'incline devant Warren en lui disant. :

- Warren ! T'as été admirable, avoue Jeff. Moi non plus je ne l'aime pas trop celle-là … mais toi, t'as eu les tripes de lui dire en face ce que le monde du Duel pense d'elle.
- Alors, est-ce que vous êtes prêts pour votre Match de dimanche ?, demande Kylie.
- Un ou deux entraînements en votre compagnie ne seraient pas de refus, dit Dan.
- Pas de problème pour ça, ajoute Sean. Au fait, Warren, est-ce que tu as réellement l'intention d'affronter Klothilde ?
- Euh … oui, pourquoi ?
- Je t'expliquerai ça … mais ce que tu dois savoir, c'est qu'elle est une des meilleures Duellistes du monde et qu'elle a un des palmarès les plus fournis en Duel.
- Et tu crois que ça me fait peur ? Je lui réglerai son compte quoi qu'il arrive.
- Dan chéri, est-ce que tu penses que c'est un bon tirage au sort ?, demande Alicia à son petit protégé qui ne pense qu'à aller dormir.
- Mouais … C'est pas mauvais, dit-il en bâillant. J'aurais quand même voulu affronter Sid et son équipe, histoire d'être tranquille.

Les Flame Charmer restent encore un peu en notre compagnie, jusqu'à ce que les caméras de ''Soir de Tournoi'' et Kyle Styles se présentent à nous. Il pose plusieurs questions habituelles sur l'idée de participer au tournoi, la manière dont on s'entraîne, si c'est pas trop compliqué à gérer en plus du lycée, etc.. Et Kyle pose LA question à laquelle Dan s'était préparé à répondre :

- Est-ce que vous pensez que vos parents seraient fiers de vous ?
- Je l'attendais cette question. Et honnêtement, je ne saurais pas quoi vous répondre. Sûrement qu'ils seraient fiers de voir leur fils tenter l'expérience du Golden Tournament.
- Et est-ce que ce tournoi, vous le dédicacez à quelqu'un en particulier ? Cette question s'applique à vous quatre.
- Shizuka, dit Dan, sans aucune hésitation. En plus de mes parents.
- Ouais, nos parents aussi, dit Nejma, tout en regardant son frère acquiescer.
- Et vous Warren ?
- Franchement, ce serait Shizuka car elle a eu la gentillesse de m'accueillir chez Dan. Cette femme est extraordinaire, dit-il en rougissant légèrement.
- Qu'ils sont adorables ces garçons, dit Shizuka en arrivant à son tour et en posant ses mains sur les épaules de Dan et Warren.
- Au fait, Warren. Pouvez-vous nous expliquer votre petit coup de sang envers votre prochain adversaire, la Princesse Klothilde ?
- Euh … comment dire ?…, dit-il, tout gêné et grinçant des dents. À vrai dire, elle était un peu trop prétentieuse.
- Petite provocation ?, me dis-je. S'il ne s'était pas calmé, il lui aurait collé une droite.
- Regrettez-vous vos paroles envers la Princesse Klothilde ?
- Non. Même si je perds dimanche, ce que j'ai dit est la pure et stricte vérité sur ce que je pense d'elle. Elle aura beau me faire mal, je ne reviendrai pas sur ce que je lui ai dit.
- Oui, je pense même qu'il lui aurait craché au visage, me dis-je.

Spoiler:
Je crois que c'est ce qu'il a de mieux à dire. Nous terminons l'interview quelques minutes plus tard et décidons de rentrer chacun chez nous, tout en promettant de nous entraîner avec les Flame Charmer le lendemain et le samedi. Heureusement, les profs sont plutôt cléments avec nous, étant donné que nous avons le tournoi. Or, ce soir, Dan m'invite à nouveau à manger chez lui, Nejma et Veneko ayant préféré rentrer chez eux pour voir leurs parents. La soirée est tranquille puis je retourne chez moi vers 22h30. Pendant ce temps, Dan et Warren discutent entre eux dans le salon.

- Warren ? Faut que je te demande quelque chose ?
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu sais, à propos de cette histoire de vols dans Akinokuwa …
- Ah, le truc qui t'énerve tellement que tu fais surveiller la maison par des esprits de monstres. T'inquiète, je suis au courant, je les vois aussi tes esprits.
- Ah … Euh … Bref, je suis persuadé qu'il va y avoir des voleurs cette nuit.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y aurait à voler ici ?
- Ces voleurs revendent ce qu'ils ont dérobé, comme … des cartes.
- Des cartes ? Et comme on est pendant le tournoi, je comprends parfaitement.
- C'est pour ça qu'on va les chopper ici cette nuit. On va laisser nos Decks bien en évidence pour les voleurs.
- T'es pas sérieux ?
- Bien sûr que si, je le suis. Mais, on aura quand même un coup de main de nos esprits de Duel, faut pas déconner.
- Et s'ils se pointent pas ?
- On aura l'air de cons mais au moins, y aura eu personne.
- Quel génie, dit Warren, plus qu'ironique.

Et ils mettent leur ''plan'' à exécution. Dan et Warren laissent traîner leurs ceintures avec les petites boîtes avec les Decks sur la table. Ils montent ensuite chacun dans leur chambre et attendent que quelque chose se produise. Concernant les esprits de Duel qui les aident, Dan a choisi Suigin Tou et Cyclon tandis que Warren a fait appel à Alsahm et à Procyon. La maison est tranquille pendant plus de trois heures jusqu'à ce que, vers 1h du matin, Dan, qui dort profondément, est réveillé par la petite Suigin Tou :

- Dan ! Dan ! Réveille-toi ! On les a attrapés ! On les a eu ! Réveille-toi !
- … Hein ? De … de quoi ? Qu'est-ce … Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Dépêche-toi de venir !

Dan se glisse hors de sa chambre et vient voir Warren qui, lui aussi, dort profondément. Dan le réveille de manière peu délicate.

- T'as fini de me coller des claques pour que je me lève ?, dit Warren.
- Magne-toi de descendre, apparemment, nos esprits ont attrapé quelque chose.
- Sérieux ? C'est pas que je doutais de tes idées, Dan, mais je ne pensais pas que ça allait si bien marcher. Où est-ce qu'ils sont ?
- Cyclon, Procyon et Alsahm les ont mis dehors, pour qu'ils ne fassent pas trop de bruit dans la maison.
- On va voir ça …

Les deux adolescents descendent les escaliers en prenant garde de ne pas réveiller Shizuka. D'après Dan, la réveiller au beau milieu de la nuit sans raison valable est quelque chose qui est vite regrettable. Ensuite, Dan et Warren sortent de la maison et rejoignent les esprits d'Alsahm, Cyclon et Procyon au niveau d'un cerisier derrière la maison, Suigin Tou les accompagnant. Warren allume une lampe torche car, excepté la faible lueur dégagée par les quatre esprits de Duel, on ne voit pas grand chose. Il dirige le faisceau de lumière et remarque quelque chose à laquelle il ne se serait jamais attendu :

- Dan ? Tu savais que nos voleurs étaient des gamins ?
- Non.

Devant eux sont attachés trois enfants, deux petites filles et un jeune garçon. Ils semblent fatigués et leurs vêtements ne sont pas très neufs. Vient ensuite le traditionnel interrogatoire, mené par Warren mais de manière diplomatique car ''après tout, c'est encore des gosses'', dit Dan.

- On pourrait savoir ce que trois enfants de votre âge fabriquent ici ?
- C'est pas tes affaires, dit une des deux filles, celle qui portait une écharpe verte avec des rayures argentées.
- Diplomate, Warren, diplomate, dit Dan.
- Ben vas-y, montre-moi ce que c'est que d'être diplomate.
- D'accord. Bon, les enfants … je suppose que c'est vous les voleurs dont on parle dans les journaux.
- Oui, entre autre, dit le jeune garçon.
- ''Entre autre'' ? Vous n'êtes pas les seuls ?
- Non, on est plein, dit celle qui semblait être la plus jeune des trois, une petite aux cheveux noirs avec des lunettes.
- Comment-vous appelez-vous, déjà ?, demande Warren.
- Moi c'est Guillaume, mais je préfère qu'on m'appelle Trotski, dit le garçon.
- C'est pas banal, ce genre de surnom, dit Dan.
- Je confirme, ajoute Warren.
- Moi, c'est Coraline, mais on m'appelle Lionheart, dit celle qui a rembarré Warren.
- Et moi je suis Rebébé !, dit la dernière.
- C'est vraiment des surnoms très sympas, dit Dan en s'agenouillant au niveau des trois enfants, le tout en étant très calme.
- C'est ça ''être diplomate'' ?, demande Warren.
- Et où est-ce que vous habitez ? Vos parents savent-ils que vous êtes ici ?, dit Dan.

Là, cela semble être la question de trop. Les trois enfants se regardent, l'air plutôt triste. Dan les regarde et, visiblement, il doit comprendre pourquoi il n'obtient pas de réponse. Warren brise le silence après la question de Dan :

- Au fait, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de ces enfants ?, dit Warren. Après tout, il y a eu tentative de vol et effraction.
- Je pensais justement à ça, dit Dan. On va essayer de trouver un adulte compétent pour savoir ce qu'il faudrait faire.
- Demande à Shizuka ?
- Euh … même moi qui vit avec elle depuis plusieurs années n'oserais la réveiller, surtout si elle apprend que des gens ont voulu entrer par effraction chez elle.
- Qu'est-ce que ça veut dire ''effraction'' ?, demande Rebébé.
- C'est quand tu entres dans une maison sans trop prévenir et pas par une porte, dit Trotski.
- Et en plus, ce que le garçon a dit, c'est que la dame qui est encore dans la maison va te manger, dit Lionheart pour effrayer Rebébé.
- Waaaaaaaaa !!!!!!!, hurla Rebébé en s'enfuyant, apeurée.
- C'est le moment !, dit Lionheart à Trotski.

Trotski et Lionheart s'enfuient dans des directions opposées, prenant au passage les Decks de Warren et de Dan. Dépassés, les deux ados essayent de les rattraper.

- Dan ! Essaye de rattraper nos Decks !
- Mais qu'est-ce que j'essaye de faire à ton avis ??? Ils courent vite, ces gamins ! En plus il fait nuit si tu n'as pas remarqué.

C'est déjà pas facile de discerner les visages sans lampe mais comme la lune n'est pas visible, à cause de l'importante masse nuageuse, on y voit encore moins, au grand dam de Warren.

Quant à moi, j'entends du bruit dehors. La tête ailleurs, je décide quand même de me réveiller pour voir ce qu'il se passe. Bon, après être tombée du lit deux fois, j'arrive finalement à allumer ma lampe de chevet pour atteindre ma fenêtre. Je regarde dehors et j'arrive à distinguer … Dan et Warren en train de râler et de poursuivre des silhouettes d'enfants. J'interpelle Warren :

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ?, dis-je.
- Viens nous aider, Mina. On est dépassés !!, hurle Dan.

Sans réfléchir, je m'exécute et je sors de chez moi, fermant la porte à clé, mes parents n'étant pas à la maison. Après avoir suivi Dan qui m'explique rapidement la situation, j'essaie d'attraper un des trois petits voleurs. Par chance, j'arrive à retrouver celle qui est surnommée Rebébé et qui avait réussi à se cacher sur le terrain de ma maison. J'essaie de la surprendre mais elle ne bouge pas. Je m'approche doucement d'elle et je vois qu'elle se tient le genou. Elle a dû trébucher en voulant échapper aux garçons et du coup se faire mal au genou.

Pendant ce temps, Warren et Dan se retrouvent au niveau de la sortie du quartier et aperçoivent Trotski et Lionheart qui les fuient, leurs Decks en main. Sans hésiter, ils les poursuivent pendant une dizaine de minutes dans Akinokuwa jusqu'au moment où ils s'arrêtent pas très loin de la mairie, pour reprendre leur souffle.

- Bordel ! Où sont-ils passés ?, demande Warren.
- Attends, je vais essayer quelque chose, dit Dan en se posant à genoux et en fermant les yeux.
- Qu'est-ce que tu fabriques ?, dit Warren. Nos Decks sont dans la nature et faut qu'on les retrouve !
- … Un immeuble délabré … Une ruelle sombre, à l'abri des regards … C'est bon, je sais où ils sont, dit Dan en se relevant. Suis-moi !
- Comment as-tu vu ça ?, demande Warren lorsqu'ils finissent par arriver à l'endroit que Dan dit avoir vu.
- Ben apparemment, d'après Kaly, mon médaillon a certains pouvoirs très puissants, comme de lire dans l'esprit des gens en ayant un simple contact physique avec eux.
- Classe, avoue Warren. Bon, on va les chercher ces gamins ?
- Ben évidemment.

Dan et Warren avancent prudemment dans la ruelle. Un bruit attire l'attention de Dan sur sa gauche. Visiblement, le bruit semble provenir d'un bâtiment abandonné, avec des fenêtres brisées et qui doit être une ancienne boutique. Ils n'hésitent pas une seconde, et sans même réfléchir, ils pénètrent à l'intérieur du bâtiment. La porte à droite est barricadée, impossible pour un enfant, même pour un adolescent de 18 ans, d'enfoncer la porte. Le seul endroit possible est donc à l'étage. L'escalier mène à une espèce de vestibule. Peut-être que les personnes qui tiennent la boutique vivent juste au-dessus. Arrivés devant une porte, Warren jette un coup d'œil à travers le trou de la serrure, agrandi par quelque chose et ressemblant plus à un judas des deux côtés plutôt qu'à une serrure.

- Alors, qu'est-ce que tu vois ?, chuchote Dan.
- Deux des gamins … mais … ils ne sont pas seuls …
- Combien ?
- Je ne sais pas, je ne les vois plus.
- Me dis pas qu'on a été repérés et qu'ils se sont planqués ?
- Eh bien on va savoir ça en entrant dans la salle, dit Warren en enfonçant la porte d'un coup de pied.
- Diplomatie, Warren. C'est des gosses …

L'intérieur de l'étage a été en quelque sorte ''retapé'' par les nouveaux occupants. Il y a une dizaine de lits à même le sol, deux canapés usés dont certaines pièces de tissu sont très grossièrement raccommodées. De la mousse en sort même par endroits. Il y a des posters en parfait état sur les murs, en plus de feuilles avec des graffitis et de très beaux dessins. Des meubles servent de tables et de chaises. Il doit y avoir une dizaine de personnes qui logent dans ce taudis.

- Il semblerait que vous avez quelque chose qui nous appartient en votre possession, dit Warren. Rendez-le nous et on ne vous fera aucun mal.
- Eh bien, venez chercher ce qui vous appartient, dit une voix de garçon assez grave.
- Je vais me gêner, dit Warren.
- Maintenant !, lance la même voix.

Plusieurs enfants sortent de leur cachette et sautent sur Warren et Dan. Par chance, les deux adolescents esquivent les coups portés même s'ils ne peuvent esquiver les trois gamins accrochés à leur cou. Même dans cette situation, Dan ne dit rien. Warren s'énerve inutilement. Les deux enfants du cambriolage, Lionheart et Trotski, apparaissent avec les ceintures et les Decks des deux Duellistes :

- C'est ça que vous voulez ?, dit Trotski.
- Rends-les nous, s'il te plaît, dit Dan, très calme.
- Non, dit Lionheart. Tiens, Pluche, regarde si on peut en tirer une petite somme, toi qui connais ce jeu mieux que nous.
- Alors, dit un jeune garçon aux cheveux frisés avec une voix fluette très sympa à entendre. Je crois que notre fortune est faite.
- Ouaiiiis !!!, disent les autres enfants.
- Je vais pouvoir m'acheter une robe toute pleine de pierres précieuses, s'imagine une petite fille avec un foulard rose.
- Et moi un vrai panda !, dit une autre fille avec des cheveux bruns-rouges et des lunettes.
- Moi, je prendrais la dernière console de jeux et quelques jeux de guerre, dit un autre garçon avec des cheveux courts et un appareil dentaire.
- Donc non, on ne va pas vous rendre vos affaires, dit celui qui semblait être le chef, un jeune garçon avec des lunettes cassées et une cigarette en chocolat à la bouche.

Dan et Warren se regardent. ''Il est sérieux avec sa cigarette à la bouche, ce môme'', pense Warren. ''Où est la troisième voleuse ?'', se demande Dan.

- Oh, mais au fait, on ne s'est pas présentés, dit Lionheart.
- Moi, je suis Fabien, dit celui avec la cigarette.
- Moi, c'est JM, dit la jeune fille au foulard.
- JM ? Étrange comme nom, s'intrigue Warren.
- T'as quelque chose à redire sur mon nom ? Ça me donne du style alors ne vient pas critiquer !!!
- Moi je suis Kuma, dit la jeune fille qui serre le cou de Dan.
- Moi c'est Pierre, ou Pedro, dit celui avec l'appareil dentaire.
- Je suis Flo, dit celle qui veut avoir un panda.
- Moi, c'est Joan, dit la seule fille blonde de tout le groupe.
- Et pour finir, je suis Clément, ou Pluche, dit celui qui tient toujours les Decks de Dan et Warren. Nous sommes une confrérie et nous veillons tous les uns sur les autres.
- Formidable tout ça, dit Dan en laissant tomber Kuma sur un canapé. Mais nous avons quelque chose d'important à faire avec ces Decks ce week-end et je n'ai vraiment pas l'air de blaguer.

Tous les enfants se mettent à rire, peut-être pour se moquer de Dan. À voir la tête de Warren, Dan ne blague absolument pas. Cependant, il n'ose pas lever la main sur un des enfants, ayant un minimum de respect.

- T'as peur de nous frapper, dit JM. Trouillard !
- Bon ben si vous n'avez pas le courage de venir chercher vos affaires, on va les garder, dit Fab.
- Hé, dit Flo, où est Rebébé ?

La question de Flo tombe à point. Tous les enfants s'arrêtent et balayent la salle de leurs yeux pour essayer de trouver Rebébé.

- Elle n'était pas censée aller voler dans la maison ?, demande Kuma.
- Ben si, justement, répond Trotski.
- Et où est-ce qu'elle est passée ?, dit Fab.
- Euh … elle a pris une direction différente de la nôtre et je crois qu'elle s'est paumée, explique Lionheart.
- Elle a vraiment un sens de l'orientation pourri, dit Pierre pour se moquer.
- Où alors c'est ces deux-là qui la retiennent prisonnière, lance JM.
- Eh, de quoi je me mêle ?, répond Warren.
- Il avoue, vous voyez ! Balancez-les dehors ces minables.

Au moment où les neuf enfants se ruent sur Dan et Warren, la porte de la salle s'ouvre en grinçant, ce qui stoppe à nouveau les enfants. Tout le monde entend une petite voix familière et deux personnes apparurent. Dan dit alors :

- Mina ? Comment nous as-tu retrouvé ?
- Facile, j'avais une gentille petite fille qui m'a guidée, dis-je, Rebébé sur mes épaules.
- Rebébé !!!!!, disent tous les autres enfants.
- Laissez-les tranquille, demande cette dernière. Ils sont gentils et j'ai même eu du chocolat.
- Chocolat !, dit JM en se désespérant de ne pas en avoir eu.
- Je vous explique, repris-je en déposant Rebébé sur un des fauteuils. Elle a eu peur de Dan et Warren et s'est cachée près de ma maison. Je l'ai vue en train de pleurer car elle s'est fait mal en tombant par terre. Je l'ai soignée et elle m'a demandée de la ramener ici.

Tous les enfants prennent Rebébé dans leurs bras, contents de la revoir en bonne santé et toute souriante. Warren et Dan en profitent pour reprendre leurs Decks qui traînent sur la table. Ils contemplent la joie des dix enfants.

- Ils sont vraiment chous, dis-je en voyant Rebébé qui veut me faire un câlin.
- Mais pourquoi est-ce que vous vivez ici ?, demande Dan.
- C'est compliqué, dit Fab en s'asseyant. Avant, nous étions à l'orphelinat d'Akinokuwa.
- Mais il a été fermé, dit Warren. Et même démoli il n'y a pas deux mois si je me souviens bien. Je crois qu'ils devaient construire une salle de gym.
- Ouais, et du coup, on a fini à la rue, sans endroit où aller. Et donc on a fini là.
- Et à voler dans les maisons …, ajoute Dan.
- Faut bien survivre, se défend Fab.
- Et maintenant que vous nous avez découverts, qu'allez-vous faire de nous ?, demande Kuma, qui commençait à avoir un visage plus triste.
- Bah … ils ont volé dans à peu près trois quart de la ville, la police serait pas un mauvais choix et vous seriez placés dans des familles, dit Warren
- Non !, hurle JM. On ne veut pas être séparés !!!!
- JM a raison, dit Pluche. On vit ensemble depuis plus de quatre ans et on est comme des frères et sœurs. Nous séparer serait regrettable.
- Mina, toi qui réfléchis mieux que moi, dit Warren. Qu'est-ce qu'on va faire ?
- Euh … j'ai bien une idée mais est-ce que tout le monde va être d'accord ?
- Vas-y, dis le nous à l'oreille, dit Dan.
- … … … Ben, c'est pas une si mauvaise idée dans le fond mais où est-ce qu'ils iront ?, avoue Warren.
- J'ai compris … J'en parlerai à Shizuka mais après qu'elle se soit levée. Là, il est trois heures du matin et on a cours dans cinq heures.
- Tu plaisantes ?, lui dis-je. Aujourd'hui, c'est la fête de l'anniversaire de l'empereur, donc c'est férié.
- Ah oui, c'est vrai. Donc, les enfants, je vais demander à ce que vous veniez vivre chez moi. C'est grand et vous aurez des chambres personnelles à votre disposition.
- Dan, t'es sérieux ?, dit Warren. Tu crois que Shizuka va accepter.
- Mes parents ont fait faire des travaux d'agrandissement de la maison, tout en gardant la même façade. T'as pas remarqué le deuxième étage. Elle est très grande et peut accueillir plein de monde. Ils voulaient en faire une sorte de maison à chambre d'hôtes pour gagner leur vie, en plus des études coûteuses de médecine de ma mère. Et s'ils se promettent de se tenir à carreau et de ne plus voler, je pense qu'ils ont de grandes chances de venir vivre à la maison. Qu'en dites-vous ?

Les dix enfants se concertent et finissent par répondre positivement. Tous les visages sont illuminés de joie à l'idée de vivre dans une grande maison.

Spoiler:
- Pour tout dire, il fait froid ici et on n'a pas de chauffage, dit Pierre. Donc, c'est juste pour quelques temps, avant de trouver un endroit meilleur.
- Tu déconnes ?, questionne Warren de manière sans doute ironique.
- Oui, il déconne, dit Joan. Pierre a un humour vraiment mauvais.
- Ouais, tous les garçons ont un humour minable, dit JM.
- Mina ?, demande Rebébé.
- Qu'y a-t-il ?
- Est-ce que tu pourrais me porter sur tes épaules, j'ai encore mal aux genoux.
- Elle a la flemme de marcher, c'est surtout ça, lance Fab en rangeant ses affaires.
- Même pas vrai, dit Rebébé en tirant la langue. Je me suis fait mal.
- Allez, viens, lui dis-je en la mettant sur mes épaules.
- Oui !, dit-elle en souriant.
- Bon, vous prenez vos affaires et vous venez avec nous, dit Dan. Vu le nombre que vous êtes, on va rentrer chez moi dans au moins quatre heures.

Dan a dû dire cela sur le ton de l'humour un peu cynique mais toute le déménagement prend effectivement quatre heures. Nous enlevons délicatement les posters sur les murs et les dessins que JM a fait. Elle est toute timide quand Dan les observe et n'ose pas avouer que c'est elle qui les a fait. Warren fait rire Joan, Pierre et Flo avec de l'humour noir. Clément et Trotski parlent cinéma avec Dan et semblent impatient de voir la collection de films de Dan. Tout le petit groupe quitte cette ruine délabrée en direction de Kamen Street, des sacs à dos chargés d'affaires en tout genre. La plupart des vêtements volés et autres gadgets ont été laissés dans le bâtiment. Nous arrivons chez Dan aux environs de 7h30, les enfants ayant eu faim sur le trajet. Dan entre dans la maison et voit que Shizuka n'est pas encore levée. ''Je ne vais pas vous faire poireauter ici. Venez ici sans faire le moindre bruit.'', dit Dan aux enfants. Il décide de les emmener au deuxième étage de la maison.

L'opération, si on peut appeler cela comme ça, débute pas trop mal … enfin, jusqu'à ce que Warren éternue. Dan plaqua sa main sur son front. Il a l'habitude d'éternuer assez fortement, ce qui a réussi à le réveiller en pleine nuit. ''Et m****'', soupire Dan. Il entend un bruit de lampe qui s'allume et des pas sortant de la chambre. Shizuka vient de se réveiller et à voir le visage de Dan, si l'éternuement de Warren y est pour quelque chose, ça risque de barder pour tout le monde. Nous sommes dans l'escalier entre le premier et le deuxième étage quand la porte de la chambre de la gouvernante s'ouvre, au même étage que celles des deux adolescents. Nous la voyons à travers les barreaux de l'escalier en train de se rendre à la salle de bains. Elle en ressort trois-quatre minutes plus tard, le sourire aux lèvres et se rend dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. ''On va lui en parler maintenant.'', nous dit Dan en faisant un signe aux enfants pour qu'ils le suivent.

Au moment où Shizuka boit son café, Dan entre dans la cuisine, accompagné de Warren et moi-même. Shizuka est intriguée de me voir de si bonne heure dans la maison :

- Shizuka, faut que je te parle, dit Dan.
- Bien sûr, mais qu'est-ce qu'il y a ?
- Alors …, comment dire ? Cette nuit … avec Warren, on a arrêté des voleurs qui voulaient entrer dans la maison.
- Des voleurs ???, s'intrigue Shizuka.
- Oui mais on les a arrêtés. C'est eux qui ont sévi dans Akinokuwa un peu avant le début du tournoi.
- D'accord, et ensuite ?, demande Shizuka d'un air qui commence à déstabiliser Dan.
- Ensuite … on a … on a trouvé le reste de la bande de voleurs et ils sont ici pour s'excuser.
- Hmm …
- C'est bon, vous pouvez venir ici.

J'ai cru que Shizuka allait s'étouffer en voyant tout le petit groupe d'enfants entrer dans la cuisine. Apparemment, c'est la première fois qu'elle voit vraiment autant de monde dans la maison. Je remarque que Dan commence à chercher ses mots pour expliquer la situation à Shizuka.

- Nous vous présentons nos excuses pour être entrés dans la maison, dit Trotski.
- On ne le refera plus, dit Lionheart.
- D'accord, j'accepte les excuses, dit Shizuka. Mais, qu'est-ce que tu veux que je fasse, Dan ?
- Ben … je me suis dit que … qu'on pourrait les laisser vivre à la maison. Ils étaient dans la rue, vivant dans une ruine de quartier Est d'Akinokuwa. Ils ont été contraints de fuir l'orphelinat au moment de sa destruction.
- Et du coup ils s'organisaient pour commettre des vols dans la ville, ajoute Warren avant que je ne lui adresse un coup de coude dans les côtes.
- Je ne sais pas quoi dire, Dan, dit Shizuka. Tu voudrais que ces dix enfants vivent à la maison, mais je ne sais pas si je suis de taille pour ça. Ça demande beaucoup d'attention. Je me suis occupé de toi depuis que tu es tout petit. J'ai accepté que Warren vive ici. Et là tu me demande d'accueillir dix enfants dans la maison. Que diraient tes parents, Dan ?
- Ils seraient content de voir que je m'occupe d'autres personnes. Donc, tu es d'accord ?
- Je te répète que c'est énormément de travail mais …
- Mais ?
- Je ne vois pas comment je pourrais refuser l'entrée dans la maison à dix enfants qui ont l'air vraiment gentils. En plus, ils sont venus s'excuser et je trouve ça adorable de leur part.
- Tu es … sérieuse ?, dit Dan.
- Mais évidemment que je le suis. J'adore m'occuper des enfants et je t'entends souvent dire que la maison paraît vide depuis longtemps. Mais je te préviens, toi et Warren devrez aussi vous occuper d'eux.
- Y a pas de problèmes, répondent Dan et Warren en chœur.
- Allez, venez, tout le monde ! On va prendre le petit-déjeuner tous ensemble !

Dan se passe le dos de la main sur le front et esquisse un soupir de soulagement. Les dix enfants paraissent gênés. Ils hésitent un peu à s'installer à la grande table. Puis, Pierre, Rebébé et JM s'assoient et commencent à manger, suivis par les sept autres. L'ambiance est très joyeuse, les sourires affichés sur les visages de tout le monde. Joan ne peut pas s'empêcher de taquiner Rebébé en lui piquant une tartine à la confiture, ce qui fait rire tout le monde. Ensuite, après que tout a été débarrassé, Shizuka donne une chambre à chacun des enfants et nous les aidons à s'installer tranquillement. Ensuite, elle leur donne des vêtements qui traînent dans des armoires, appartenant à Dan et j'en apporte également. Bon, ils sont encore attachés à ceux qu'ils portent mais ces derniers sont beaucoup troués pour certains et d'autres n'ont besoin que de quelques raccommodages et d'un lavage. Shizuka y passe la plupart de la journée, le tout avec le sourire. Je ne sais pas si elle est capable de dire ''non'' à quelqu'un … du moment que ce n'est pas un enfant ou Dan.

Quand Nejma et Veneko arrivent, suivis ensuite par les Flame Charmer pour la séance d'entraînement, ils sont légèrement hébétés devant le spectacle qui s'offrent à leurs yeux : des enfants qui s'amusent, dessinent et sèment une légère pagaille dans le salon. Warren doit alors expliquer ce qui se passe aux six personnes entrantes, ce à quoi les invités répondent :

- C'est super sympa de votre part de s'occuper d'eux, avoue Sean.
- Où est Dan ?, demande Alicia.
- Il doit être en train de lire une histoire à JM, Kuma et Rebébé, dis-je.

Nous montons l'escalier jusqu'à la chambre de JM, tapissée de dessins en tout genre, des princesses, des licornes, des personnages de manga reproduits à la perfection, des paysages de rêve, etc. Et là, Dan fixe les trois enfants qui dorment paisiblement sous la couverture avec des peluches. Elles finissent par se réveiller et font un câlin à Dan. Évidemment, Alicia trouve cela trop mignon et ne peut s'empêcher de prendre les trois enfants dans ses bras :

- Waaaaaa ! Elles sont trop adorables, ces petites !
- Dan, je crois qu'Alicia vient de te quitter, plaisante Warren.
- C'est ça, c'est ça, répond celui-ci avant qu'Alicia le prenne aussi dans ses bras. Je suppose que l'entraînement va débuter.
- Qu'il est mignon de s'occuper de ces enfants, s'exclame Alicia, Dan étant toujours dans ses bras.
- Allez, on va s'entraîner ?, demande Dan, afin de pouvoir sortir des bras d'Alicia.

Les huit Duellistes se rendent dans la salle d'entraînement. J'y entre, comme d'habitude, accompagnée de Lionheart, Pluche, Trotski et Rebébé, qui ont envie de voir ce qui se passe. Puis, Shizuka et les enfants restants entrent à leur tour pour assister à l'entraînement. Ils sont ravis de voir les monstres apparaître et attaquer. Quand Warren joue, ils l'encouragent, idem pour Dan. Puis à un moment, Pluche me demande :

- Mina ? Pourquoi tu ne joues pas ?
- Je ne peux pas jouer.
- Et ton rôle consiste en quoi ?
- Je les aide à ne pas stresser en Match.
- Parce qu'ils stressent ?
- Certains plus que d'autres. Dimanche, ils vont se battre pour arriver en finale du Golden Tournament. Une demi-finale, ça peut angoisser beaucoup de monde. Moi je les empêche d'angoisser.
- Ah, d'accord.
- Et tu crois qu'ils vont gagner ?, me demande Fab.
- J'espère qu'on va gagner, dit Warren en se posant deux minutes après un Duel contre Jeff. Attends, j'ai bien envie de dire à Son Altesse Klothilde ce que je pense de ses provocations à deux balles.
- Faut dire qu'avec ce que tu lui as envoyé … elle risque d'être hargneuse, la Princesse, réplique Jeff.
- Ouais, et après, c'est au tour de Sid de lui montrer qu'il est un raté, tout comme sa bande, lança Veneko en rigolant.
- On sera tous là pour vous soutenir, dimanche, dit Kylie. N'est-ce pas, Alicia ?
- Oui ! Je veux voir Dan gagner.
- Elle m'énerve avec son obsession pour Dan, me dis-je.
- Nous aussi on veut venir, dit Flo.
- Oui, on veut les voir gagner, dit Lionheart. Ils auront besoin d'être encouragés !
- J'ai pas assez de place dans la voiture, dit Shizuka.
- C'est pas grave, dit Sean. Kylie et moi pourront les emmener avec nous en voiture.

À entendre cela, les enfants se réjouissent d'aller au Stade pour voir le Match de l'équipe. L'entraînement se termine sur une petite photo de groupe en compagnie des Flame Charmer dans la salle d'entraînement, puisqu'il pleut dehors et d'un repas tous ensemble en attendant le jour décisif où ''la bataille pour le Golden Trophy va débuter''. Encore trois jours et nous saurons quelles équipes se feront face pour la victoire finale.


Dernière édition par Bloody Maiden le Sam 2 Déc - 11:29, édité 2 fois


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Mer 19 Juil - 12:37
Chapitre 20 - En attendant que le temps passe ...

Spoiler:
Pendant que Dan, Warren, Nejma et Veneko s'entraînent en vue de la demi-finale qui a lieu dimanche, d'autres personnages se préparent pour autre chose. Un homme plutôt trapu soupire en se tenant devant un grand miroir, avant de se mettre à parler :

- Big D ? Est-ce que tu m'entends ? Ho ! Dilvolg !
- Évidemment que je t'entends, répond Big D. Qu'est-ce qu'il y a, Eyazon ?

Une silhouette apparaît dans le miroir. Elle est plutôt baraquée. À première vue, celle-ci doit avoir revêtue une armure, puisqu'on peut distinguer les formes des épaulettes, avec des pointes. L'homme en question doit mesurer au moins 2m10 et peser plus de 160 kg. Le dénommé Eyazon lui demande :

- D'abord, arrête de râler. Et ensuite, est-ce que l'opération en Endlenda s'est terminée ?
- Pas encore, il n'a pas atteint l'objectif prévu. Mais je croyais que tu devais venir pour intervenir. On t'attend encore.
- Mais oui, je vais venir, c'est certain. J'ai dit que je viendrai. Je ne veux absolument pas manquer l'arrivée de ce vieillard d'Elhahr dans nos terres. Mais j'ai encore quelques trucs à voir avec les gamins que tu as embauché pour nous aider.
- Ils vont affronter les ''élus'' dimanche ?
- Non, pas encore. Ce sont les demies. Ils auront besoin de quelques cartes des ténèbres et quand je dis ''quelques'', tu vois de quoi je veux parler …
- Les … Cinq Piliers Obscurs ? Les Anciens Seigneurs Déchus des Ténèbres ?
- Oui … Ces cinq cartes là. Tu crois que je pourrais les obtenir pour dans trois jours ?
- Je ne sais pas …
- Attends, je vais reformuler : Je dois les obtenir pour dans trois jours. Clair ? Demande à l'autre tache de t'aider.
- Quelle autre tache ?
- Andralon.
- Ah, cette tache-là. Bon, ça devrait être vite fait.
- Je te le conseille vivement. Trois jours et pas un de plus. Et quand est-ce qu'est prévue l'arrivée d'Elhahr dans nos terres d'Ostiàr ? Enfin … s'il y arrive …
- Encore quelques jours, pas plus d'une semaine. D'après des éclaireurs, il n'est pas encore sorti de la forêt d'Okahara, avec une petite troupe de soldats. Andralon lui a réservé une petite surprise très amusante.
- Il a quand même décidé de la traverser, ce fou … J'aimerais bien voir combien vont arriver aux Temples.
- Sinon, Eya ? Que comptes-tu faire de lui ?
- Je sais bien que tu n'as pas une grande capacité de réflexion mais quand même … Nous le capturerons et forceront les quatre gamins à qui il a confié les médaillons à venir en Endlenda.
- D'accord. Cela voudrait dire qu'ils auront battu les Seigneurs Déchus des Ténèbres ?
- Oui, ce serait le cas. Mais s'ils perdent le tournoi, notre affaire verra le jour et le monde sombrera dans le chaos, Endlenda comme Terre. Bon, maintenant, va chercher Andra et ramenez-moi ces cartes ! Dépêche-toi !
- OK.

La silhouette massive du miroir disparaît et Eya s'assied dans un fauteuil, un cigare cubain dans la bouche. Une allumette craquée et les joies du tabac emplissent son esprit. Puis, le miroir s'illumine à nouveau et une silhouette plus fine que celle de Dilvolg se dessine dans le miroir. La voix qui en émane est nettement plus douce que la voix rustre de Dilvolg. Il s'agit d'Andralon qui s'adresse à son collègue :

- Eya ? Tu m'as appelé ?
- Non, je ne t'ai pas appelé, Andralon. J'ai ordonné à Dilvolg de ramener deux-trois babioles d'Endlenda pour nos alliés.
- Et pourquoi tu m'as appelé alors ?
- Mais je ne t'ai pas appelé, bordel ! Normalement, Dilvolg devait te dire que tu partais avec lui illico presto en Endlenda.
- Oui mais je ne peux pas ! J'ai un défilé de mode à juger.
- Roh … Tu me gonfles sérieusement avec tes défilés de mode à la con.
- Hé ! Je me suis adapté à la vie dans ce monde et je n'y peux rien si c'est un domaine qui me plaît.
- J'ai pas tellement envie de me battre avec toi maintenant, Andralon, même si tu ne m'arrives pas à la cheville. Magne-toi de te rendre en Endlenda si tu ne veux pas que je charge quand même une certaine créature de t'y envoyer à ma place.
- Elle ne ferait même pas le poids contre la mienne. Je vais m'y rendre, c'est bon … tu as gagné. Ne me casse pas les pieds plus que tu ne le fais d'habitude.
- Vous avez 48 heures maximum pour ce travail.
- D'accord.

Et la silhouette d'Andralon disparaît du miroir, laissant Eyazon dans le calme de la maison. ''Qu'est-ce qu'il peut-être lourd, quand il veut … La mode, toujours la mode avec Andralon. Je crois que ce monde lui a pourri l'esprit … enfin, ce qu'il en reste.'', pense Eyazon. Il rallume une autre cigarette qu'il porte à sa bouche et pose sa main droite sur le miroir. Tout à coup, des vaguelettes ondulent du miroir, qui s'illumine d'un rouge rubis écarlate. Il ferme les yeux et se met à marmonner. Pendant un moment, il semble espérer quelque chose, du style une voix ou une quelconque apparition. Mais rien ne se produit pendant les cinq minutes où la main droite d'Eyazon est collée au miroir. Il ne peut s'empêcher de s'énerver et de briser ce dernier d'un seul coup de poing. L'air un peu hébété, il décide quand même de nettoyer ses dégâts. Pour cela, il pointe deux doigts devant le trou crée dans le miroir et les morceaux éparpillés dans la salle reviennent à leur place initiale. Il retourne s'asseoir dans son canapé puis allume la télévision.

Pendant près de vingt minutes, il saute de chaîne en chaîne, passant tantôt sur de la cuisine, de bricolage ou de mode. ''Mais comment Andralon fait pour regarder ces émissions à la noix ? Elles me donnent envie de vomir'', râle-t-il en martelant les touches de la télécommande. Il passe ensuite sur des combats d'arts martiaux mixtes qu'il regarde plutôt avec passion, tout en se servant trois doigts de whisky d'affilée. Soudain, le téléphone sonne et Eyazon s'énerve de devoir y répondre devant un combat plus que formidable pour une ceinture de champion du monde des poids-lourds. La violence est quelque chose qu'il affectionne et le fait de voir des sports de combat lui permet de profiter de cette sensation lui procurant une certaine béatitude.

- Allô, Eyazon ? C'est Sid.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- À propos des cartes promises … Quand est-ce qu'on les aura, pour qu'on puisse les tester ?
- Pas maintenant … Leurs pouvoirs sont si puissants que nos ennemis se rendraient compte de quelque chose.
- Mais on en a besoin ! Dépêche-toi ! J'ai une demi-finale à préparer. Il me faut ces cartes coûte que coûte.
- Woh … tu viens de me donner un ordre ? Je serais toi, je ferai gaffe à ce que je dirais, surtout si mon interlocuteur est quelqu'un qui pourrait t'arracher les yeux en moins de dix secondes.
- On a une demi-finale dans un peu plus de trois jours et nous avons besoin de nous préparer avec Donald, Marco et Ryô.
- Écoute-moi attentivement, Sid. Tu ne sais absolument pas à qui tu t'adresses, mis à part le fait que vous nous devez allégeance pour faire régner le chaos. Je suis quelqu'un doté de pouvoirs obscurs très puissants et rien qu'avec un claquement de doigts, je pourrais vous envoyer, toi et tes copains, directement dans les Abîmes. Alors, tu vas sagement te calmer et faire autre chose que de me déranger. CLAIR ?, dit Eyazon en prenant une voix rauque et très sonore.
- D'accord, nous attendrons donc. Comme vous voudrez, dit Sid en se résignant un peu. Au revoir.

Eyazon ne le salue pas et raccroche directement le téléphone, tout en fulminant. Il se rassied ensuite dans le canapé et continue à regarder des combats d'arts martiaux mixtes, tout en finissant une bouteille de whisky quarante ans d'âge presque pleine avant qu'il ne se mette à y toucher.

Spoiler:
À Kamen Street, nous sommes en train de nous entraîner pour la dernière fois avec les Flame Charmer après les cours. On est jeudi soir et l'entraînement bat son plein depuis deux heures. De temps en temps, les enfants viennent nous voir et nous racontent leur journée. Des fois, quand Dan est en plein Duel, il s'arrête pour écouter les enfants, et il arbore un air captivé par les récits des enfants. Puis, vers 18h45, nous décidons de mettre fin à cette ultime séance collective et de faire le point sur la demi-finale. Là, Dan est en train de parler de ses loisirs à Alicia et Jeff :

- C'est vrai ? Tu pratiques des arts martiaux ?, demande Jeff.
- Oui, je m'entraîne dans la cave et dans une pièce de la maison assez vaste pour placer des tatamis, répond Dan.
- T'en apprends combien en tout ?, demande Alicia.
- J'en maîtrise vingt-deux : judo, aïkido, kendo, ju-jitsu, savate, karaté, pencak-silat, sambo, pradal serey, muay-thaï, krav-maga, kickboxing, kung-fu, boxe anglaise, taekwondo, aiki-jutsu, kyusho-jitsu, kali, hapkido, taiho-jutsu, tai-chi-chuan et jeet-kun-do, énumère Dan devant les yeux ébahis de Jeff et d'Alicia.
- Tu es sérieux ?, s'étonne Jeff. Comment tu as fait ?
- Tout ce qu'il y a de plus sérieux et tu peux demander à Shizuka, Warren et Mina pour confirmer. Avec toutes les heures de cours que j'ai pu manquer parce que j'avais pas envie d'y aller, j'ai pu perfectionner ma maîtrise de ces arts martiaux. Shizuka m'a entraîné pour certains et pour d'autres, j'ai reçu des cours à domicile. Mon rêve serait d'avoir mon propre dojo.
- Le tai-chi-chuan, c'est un art martial ?
- Il me permet de concentrer mes énergies et de discipliner mon corps, pour ensuite mieux utiliser mes capacités et expédier mon adversaire au tapis.
- J'aime les garçons qui savent se battre, dit Alicia, dans un ton presque amoureux en se collant au bras de Dan qui commence à rougir très légèrement. J'aimerais te voir pendant une de tes séances d'entraînement.
- Ça t'est arrivé de te battre ?, demande Jeff.
- Plus d'une fois, et je dois avouer que c'est plutôt pas mal de réutiliser toutes ces techniques même si je n'aime pas me battre. J'essaye de rester le plus calme possible et je n'utilise ces arts que lorsque la situation en vaut le coup. Si vous voulez, un de ce quatre, je vous permettrai d'assister à une de mes séance d'entraînement. Généralement, je préfère m'entraîner seul mais je peux faire des exceptions.
- Je t'imagine bien en train de te battre contre une grosse brute, rêve Alicia, rêve que j'imite par ailleurs.
- C'est vrai que ça doit être quelque chose de vraiment incroyable à voir, dit Sean, qui avait entendu la conversation et qui est également étonné de connaître ce détail de la vie de Dan.
- Tu dois avoir une sacrée force, dit Jeff, un peu comme Bruce Lee.
- Ouais mais je ne m'en vante pas. La vantardise, c'est pour les lâches qui ne sont pas capable de se détacher de ce qu'ils accomplissent pour se focaliser sur l'ensemble de ce qu'ils ont à accomplir. Tout ce que j'ai pu maîtriser, c'est avec énormément de travail, de volonté et de détermination.
- C'est beau ce que tu dis, lui adressé-je, en écoutant ce qu'il dit.
- Ça fait tellement philosophe, dit Jeff.

La modestie doit être un des plus gros défauts de Dan. Peut-être que sa modestie cache une certaine forme d'orgueil ? D'après ce que Shizuka m'a raconté, après chaque entraînement, Dan pratique au moins une heure de relaxation et se fait masser. Shizuka m'a expliqué comment fare un massage relaxant, elle qui a appris cela auprès d'Akiyo, la mère de Dan, qui faisait des études de médecine et de kinésithérapie – son père, Yusuke, était architecte. Puis, une fois l'entraînement terminé, tout le monde s'assoit sur les fauteuils de la salle d'entraînement pour discuter du Match de demain.

- Est-ce que vous pensez que la demi-finale va bien se passer ?, demande Kylie, après m'avoir aidée à gérer le stress de chaque Duelliste.
- Oh ! Comme sur des roulettes, assure Veneko. Ça va bien se passer et on va réussir facilement. Il ne faudrait pas avoir trop peur de cette équipe.
- Tu disais ça aussi pour le devoir de maths et tu t'es planté, taquine sa sœur.
- Ouais, bon, … personne n'est parfait partout, se défend Veneko, ce qui fait rire tout le monde.
- Et vous comptez affronter qui ? À part Warren qui a défié Klothilde ?, questionne Sean.
- Je ne sais pas mais en tout cas, je préférerais faire face à Ulrich Ackermann, le comte d'Augsbourg, plutôt qu'aux autres femmes.
- Pourquoi ?, lui dit Warren.
- Parce qu'à chaque fois que j'ai affronté une femme lors de ce tournoi, je me suis senti mal à l'aise.
- Tu me comptes dans ce groupe ?, demande Alicia.
- En partie, oui, avoue Dan.
- Mais qu'est-ce qui t'arrive, Dan chéri ?, sort Alicia. Je ne t'ai quand même pas gêné pendant notre Duel dans ma chambre ?
- Pour être tout à fait franc, je n'osais pas le dire mais tu m'as énormément troublé.
- Tu vois, Alicia, dit Jeff. Quand on te dit d'arrêter de vouloir faire tes Duels dans ta chambre et en tenue légère, faut pas s'étonner qu'on ait des gens troublés après.
- Ben question intimidation, c'est réussi, dit Sean.
- Tu aurais dû me le dire plus tôt, dit Alicia en prenant la main de Dan dans les siennes. Je ne vais pas te manger.
- En tout cas, ça ne l'a pas empêché de gagner, dit Jeff. Il sait s'adapter même quand il est troublé.

J'écoute attentivement cette séquence de la conversation et je note que c'est la toute première fois que j'entends Dan dire de sa propre bouche que quelque chose le dérange. Jamais il n'avait encore manifesté une éventuelle gêne en ''public''. Cela me montre à quel point certaines choses le concernant me sont totalement inconnues. Je me demande ce qu'il allait bien pouvoir répondre à cela. Faut dire que la façon dont Alicia agit en dérangerait plus d'un.

- Tu sais, Alicia, répond Dan. J'étais nettement plus préoccupé par notre Duel que j'ai fini par oublier le reste. J'étais vraiment déterminé à gagner. Ta tenue m'a troublé et j'ai eu du mal à me concentrer. Puis, j'ai réussi à trouver mes marques et ça s'est réglé.
- Et c'est pour ça que tu ne veux pas te mesurer à une autre femme ? J'avoue ne pas comprendre, dis-je.
- Je ne sais pas tellement l'expliquer, dit Dan. Ça me perturbe, voilà tout.
- D'accord, ben on verra ça dimanche, dit Warren. Au fait, Sean, tu ne devais pas m'expliquer quelque chose à propos de Klothilde ?
- Euh … ah oui ! Klothilde … Tu dois savoir qu'elle est bien plus qu'une redoutable princesse Duelliste ayant un palmarès en Duel assez important.
- Et qu'est-ce qu'elle a de particulier ?
- Elle … a des pouvoirs psychiques.

Alors celle-là, je dois dire que je ne m'y attendais pas. Les autres Flame Charmer ne semblent pas si étonnés tandis que toute notre équipe ne peut s'empêcher d'écarquiller les yeux. Est-ce que Sean se moque de nous ? J'aimerais le croire mais tout me pousse à penser le contraire. Et mes amis ne s'empêchent pas de traduire leur pensée en parole.

- Hein ??? C'est une blague ? Je dois rire ?, rigole Warren.
- Tu déconnes ?, dit Dan.
- Non, dit Sean. Je l'ai vue faire ça.
- Quand ça ?, demande Kylie.
- C'était il y a quelques années, avant de vous rencontrer. Je participais à un Open de Duel en Europe. Je l'affrontais en finale et je dominais le Duel quand je me suis senti super mal. J'entendais sa voix dans ma tête et ce qu'elle me disait était insupportable. Je n'arrivais plus à tenir debout et j'ai dû abandonner.
- Maintenant que tu le dis, ajoute Jeff, c'est vrai qu'elle a raflé énormément de tournois sur abandons de ses adversaires.  
- Euh … c'est une blague ?, dit Warren, moins sûr de lui. Tu ne vas quand même pas me dire que Klothilde triche et que tout son palmarès est truqué ?
- Elle n'a jamais été accusée de tricherie, et avec son père comme membre du Comité des Ligues Professionnelles de Duel, tu es certain que la fille à papa est protégée.
- Raison de plus pour aller lui montrer de quel bois je me chauffe, dit Warren en se frottant les mains.
- T'es sérieux ?, lui demande Jeff. On te dit que tu vas affronter une ''tricheuse'' et ça te réjouit.
- Il a l'air en forme, dit Dan. C'est une très bonne chose.
- Et vous, demande Sean en s'adressant à Nejma et Veneko, est-ce que vous êtes prêts ?
- Absolument prêt, dit Veneko, toujours confiant.
- À vrai dire, dit Nejma, j'angoisse un peu. Avec ce que Sean vient de dire …
- Si tu angoisses trop, je t'aiderai à gérer le stress du Duel, intervins-je.
- Sympa de ta part, Mina, me répond-t-elle en tapant dans ma main. T'es vraiment géniale.

Les Flame Charmer retournent chez eux un quart d'heure plus tard, suivis par Nejma et Veneko puis par moi-même, après le dîner en compagnie des enfants. La personne la plus contente dans la salle doit sans doute être Shizuka. Elle me glisse pendant qu'elle servait à manger aux enfants :

- C'est la première fois en quinze ans que je vois autant de monde dans une seule pièce dans cette maison. Je suis aux anges avec tous ces enfants qui font vivre cette maison. Et en plus ils sont trop mignons.
- Et ils ne font pas trop de bruit, ni trop de pagaille ?, lui dis-je.
- Si mais je trouve ça agréable et puis ça m'occupe. Ils sont tout ce qu'il y a de plus charmant au monde. Même Dan est super content de les avoir à la maison.

Shizuka est vraiment heureuse et ça rend Dan également heureux. Il m'a confessé qu'il ne s'est jamais autant lié à autant de personnes de sa vie. Il a vécu toute sa vie, depuis le berceau, tout seul, avec ses parents puis avec Shizuka pour seule compagnie. Le voir jouer avec les enfants est beau à voir. Warren découvre ce genre de choses aussi pour la première fois. Cela dit, je ne vais pas cacher que je suis un peu aussi dans la même situation qu'eux. Je n'avais pas beaucoup d'amis aussi. Après manger, Warren décide de prendre une douche et Dan décide d'aller jouer avec les enfants. Il porte Kuma sur son dos, Rébébé sur ses épaules et Lionheart dans ses bras. Je ne l'ai jamais vu aussi content. Les autres enfants le suivent vers une petite salle de jeux que Shizuka, Dan et Warren ont aménagé pour tout le petit monde. Je me tiens dans l'entrée de la petite salle de jeux, bras croisés et le sourire aux lèvres, et je regarde Dan en train de s'amuser comme je ne l'ai jamais vu avant. Il réussit à faire rire les enfants et ces derniers le chatouillent alors qu'il est allongé par terre.

Le soir, Shizuka venait de mettre tous les enfants au lit quand elle passe devant la chambre de Dan. Au moment où elle veut entrer pour lui souhaiter une bonne nuit, elle surprend une conversation entre Dan, Warren et d'autres voix. Elle décide alors d'écouter à la porte :

- Qu'est-ce qu'il se passe, Kaly ?, demande Dan.
- Il y a beaucoup de problèmes en Endlenda, répond cette dernière.
- Encore ?, soupire Warren. Chaque jour c'est la même chose et ça commence à me gonfler un peu beaucoup.
- Ne t'énerve pas, lui dit une autre voix masculine qui était celle de Deneb, l'esprit de Duel de Warren.
- Raconte-nous ce qu'il se passe, demande Dan.
- C'est à propos de l'expédition d'Elhahr. Elle tourne à l'échec et je ne suis pas sûre qu'ils parviennent à leur objectif, c'est-à-dire les Montagnes de l'Est ou l'Ostiàr.
- Comment ça, ''elle tourne à l'échec'' ?, s'interroge Dan.
- Je l'ai vu en essayant de voir l'avenir et ils courent de très gros risques. J'ai même le sentiment qu'on ne les reverra jamais plus, dit Kaly, amplifiant son air triste.
- Pourquoi ? Ils n'en sont pas capables, c'est ça ?, s'intrigue Warren.
- Ce n'est pas ça, dit Deneb. Ces montagnes sont maudites et quiconque y pénètre peut risquer la mort, voire pire. Ça fait des mois qu'ils sont partis.
- Des mois ?, s'étonne Warren. Un mois et demi à tout casser, pas de quoi exagérer.
- Je parie que votre calendrier est différent du nôtre, demande Dan.
- Oui, en effet, répondit Kaly. Le vôtre est beaucoup plus lent. Mais revenons à ce probable échec.
- Et alors ? C'est quoi le problème ?, dit Warren, ne comprenant toujours pas.
- Même les membres du Conseil des Sages ont eu des visions sur ce qu'il se passerait et pour eux, l'expédition d'Elhahr est vouée à l'échec quoi qu'il arrive.
- Et on ne peut rien faire pour l'aider ?, demande Dan, voulant faire quelque chose.

Dan est déterminé à vouloir faire quelque chose pour aider Elhahr. Il l'aurait fait et aurait rejoint l'expédition que le Seigneur du Palais entreprenait. Il l'aurait voulu au plus profond de lui mais visiblement, cela n'a pas tellement plu aux deux Elfes.

- Pour le moment, nous ne pouvons rien faire sans l'accord du Conseil, dit Kaly en baissant la tête.
- Mais si ça se trouve, tout ce qui se passe n'est que du vent, propose Warren. Peut-être qu'il n'y a absolument rien dans ces Montagnes ?
- Warren ? Tu te souviens du message si magnifiquement bien écrit de la part de Sid l'autre fois ? Et du monstre que Donald avait joué et qui t'avait paru étrange ? Non, il doit se passer un truc assez grave, lui dit Deneb. Mais j'y pense, Kaly … est-ce que les quatre créatures n'avaient pas été enterrées ?
- Nous n'avons retrouvé qu'un seul corps. Elhahr l'avait placé lui-même dans un cercueil de pierre, scellé par des chaînes indestructibles et jeté dans un gouffre si obscur que la lumière du jour ne peut y exister.
- Mais il y en avait quatre, de ces créatures, si je me souviens bien ?, se rappelle Deneb.
- Elles se sont volatilisées. Personne ne sut ce qui leur était arrivé. On se demandait même si elle n'avaient pas été tuées pendant la guerre.
- Visiblement, elles ont dû survivre, remarque Dan. Sinon, la bande de Sid n'aurait pas ce genre de comportement étrange en Duel.
- Ah, tu as remarqué aussi, dit Warren. Ils font un drôle de signe quand ils débutent un Duel et quand ils gagnent aussi.
- Quel genre de geste ?, demande Kaly, très intriguée.
- Je crois qu'ils serrent leur poignet droit avec la main gauche, comme ça, dit Dan, puis …
- … ils le collent au niveau de l'épaule droite, tout poussant un espèce de cri, ajoute Warren. Un peu comme ça …
- Ne faites pas ce signe !!!!, hurle Kaly à l'encontre des deux adolescents. C'est un signe qui signifie l'allégeance aux Forces Obscures !
- T'es sérieuse ?, dit Dan. Ça ? Un signe maudit ? Si certaines personnes lèvent le poing droit, elles se font agresser, et je ne parle même pas d'un autre geste avec le bras droit.
- Dan, t'étais franchement obligé de faire cette remarque après ce qu'on a vu en cours d'histoire ?, fait remarquer Warren.
- C'est l'Histoire et on n'y peut rien si certains gestes sont mal vus aujourd'hui dans notre monde, répond Dan.

Sentant que le débat digresse vers une thématique plutôt gênante, les deux ''invités'' décident de ramener les deux Duellistes dans le sujet de départ.

- C'est pas la question !, interrompt Deneb. Ce signe que vos adversaires font avant et après leur Duel est tabou dans notre monde. Seuls des Démons peuvent transmettre ce signe.
- Ils auraient pu le trouver tout seul, dit Warren. Il leur aurait suffi de réfléchir un peu.
- Warren … On parle de Sid … Tu crois vraiment qu'il sait ce que ''réfléchir'' veut dire ?, dit Dan en levant les yeux au plafond.
- Maintenant que tu le dis … Donc en gros, vos ennemis sont bel et bien revenus ?, demande Warren.
- Ce ne sont plus que les nôtres, c'est également les vôtres, soupire Deneb.
- Vous devez absolument gagner ce tournoi et battre cette équipe, ordonne Kaly. Vous deux, Nejma et Veneko sont nos seuls espoirs si ces maudits démons sont bel et bien revenus.
- Tu sais, Kaly. On n'avait pas l'intention de perdre ce tournoi, dit Dan.
- Ouais, et puis vous êtes avec nous, ajoute Warren. Sans vous, on ne serait pas arrivés jusqu'ici.

Shizuka arrête d'écouter la conversation et retourne dans sa chambre. Elle s'allonge et réfléchit à ce qu'elle vient d'entendre. ''Et dire qu'il s'est passé la même chose il y a quinze ans et que deux âmes formidables ne sont jamais revenues. Yusuke … Akiyo … vous nous manquez cruellement …  Je ne veux pas que d'autres subissent le même sort. Je ferai tout pour que cela n'arrive pas. Je protégerai Dan, coûte que coûte'', pense-t-elle avant de s'endormir.

Spoiler:
La fin de la semaine se déroule tranquillement, le vendredi et le samedi étant des journées de repos total. On en profitait pour se détendre, bien évidemment après les cours. Dan, Warren et Veneko s'occupent des enfants tandis que Shizuka, Nejma et moi allons au centre commercial. Avant de partir, Dan a fait jurer à Shizuka qu'elle ne ferait pas fondre sa carte bancaire en achat un peu loufoques. Je crois que notre dernière escapade à toutes les trois lui est toujours restée en travers de la gorge. On l'entend soupirer ''1400$ une fois mais pas deux.''. L'après-midi est plutôt tranquille de notre côté.

Lorsque nous sommes rentrées, une odeur de cramé se fait sentir dans la maison. Shizuka se dépêche de voir ce qui se passe dans la cuisine et voit un chantier d'ustensiles de cuisine et de pâte à gâteau qui jonche les murs. Les enfants avaient sans doute décidé de faire des gâteaux pour tout le monde. Pluche, Kuma et JM ont des morceaux de coquilles d'œuf dans les cheveux ; Joan, Rebébé, Lionheart et Pierre se lancent de la farine ; Fab, Flo et Trotski ont le visage noirci et tiennent quelque chose de carbonisé dans les mains. Quand Shizuka est entrée dans la cuisine, elle dévisage les dix enfants qui s'arrêtent net de bouger. Ce grand moment de silence se termine quand les trois responsables du groupe entrent dans la pièce par la buanderie pour essayer de nettoyer tout ça. Au moment où ils nous voient, Dan laisse échapper un ''Ça va barder. Tous aux abris.''.

Shizuka nous fait signe avec Nejma d'attendre dans la salle, tandis qu'elle dispute les autres dans la cuisine, petits comme grands, et les oblige à nettoyer toute la cuisine du sol au plafond. Elle décide alors de nous emmener toutes les deux dans un café en attendant que la cuisine soit de nouveau utilisable. C'est pas une sanction trop sévère pour des enfants mais Shizuka nous avoue qu'elle ne voit pas trop quoi leur donner à faire à treize. Puis, après leur avoir passé un second savon, elle prend les enfants dans ses bras. Ils voulaient faire une surprise à Shizuka et lui faire un bon gâteau, mais bon, ça a un peu foiré. Le reste de la soirée se passe dans le calme.

La nuit, alors que je suis rentrée chez moi, je jette un coup d'œil à la fenêtre de ma chambre et je vois à nouveau la silhouette accoudée de Dan. Comment fait-il pour ne pas être épuisé en se couchant à des heures assez tardives ? De plus, il y a encore de la lumière dans la chambre de Warren. Lui non plus ne dort pas, a priori. J'espère qu'ils savent ce qu'ils font, en allant dormir au delà de 2h du matin. Je suis sûre que Dan doit être en train de parler avec ses esprits de monstres. Mais que pouvait bien faire Warren ? Est-ce qu'il commence à angoisser dans l'idée de se mesurer à Klothilde après ce que Sean lui a dit après la séance d'entraînement ?

Le lendemain, j'arrive chez Dan pour 15h, en même temps que les Flame Charmer qui se sont gentiment proposés de conduire les enfants au stade. Nejma et Veneko sont déjà arrivés et font un dernier petit Duel d'entraînement. Visiblement, Dan et Warren ne semblent pas fatigués du tout. Les enfants sont les plus joyeux à l'idée de se rendre au stade. Quatre voitures sont nécessaires pour emmener tout le petit monde au Stade de l'Aurore. Puis, les quatre Duellistes prennent le chemin des vestiaires tandis que Shizuka, les enfants et les Flame Charmer se dirigent vers les tribunes. Moi, il fallait que je me rende aux toilettes avant de rejoindre les tribunes.

Après, je peine un peu à retrouver mon chemin dans ce grand Stade. Finalement, j'arrive devant la porte du vestiaire de l'équipe de Sid, ce qui commence à me faire paniquer un petit peu. Je surprends une étrange, très étrange conversation entre trois personnes :

- Bon, on ne va faire qu'une bouchée de ces Duellistes, dit une voix grave qui ne pouvait être que celle de Marco.
- Ils sont quand même champions en titre, dit Ryô. Ils sauront se défendre.
- Ryô n'a pas totalement tort, avoue Donald. On a beau avoir des cartes super puissantes et des Decks dignes d'un championnat du monde, ils sont très doués et n'ont perdu aucune manche depuis le début du tournoi.
- Et alors ? On a fait exprès de perdre deux-trois manches pour cacher notre véritable puissance, dit Marco. Merci quand même à ces gens étranges et leurs cartes pas trop mauvaises.

Au moment où je m'apprête à quitter cet endroit, je sens une main qui s'enroule autour de mon visage et qui couvre ma bouche. Je me retourne et je vois … Dan. Je ne peux m'empêcher de pousser un soupir de soulagement. Pendant trois secondes où je ne pouvais absolument pas réagir, j'ai cru que c'était Sid. Dan me relâche et me fait signe de me taire puis il me raccompagne jusque devant l'entrée principale où il me demande de m'expliquer :

- En fait, je me suis perdue en ressortant des toilettes.
- J'avais compris. Dépêche-toi de retourner dans l'arène, les Duels vont commencer.
- Mais toi, tu n'es pas censé y être ?
- Nejma et Veneko sont en train de livrer leur Duel pour le moment et je ne t'ai pas vue dans les tribunes. Donc je me suis un peu inquiété …
- C'est … gentil.
- Tiens, tiens … mais qu'avons-nous là ?, lance une voix grave toujours autant détestable à l'oreille.
- Sid ? Qu'est-ce que tu fabriques ici ?, répond Dan.
- À vrai dire, j'avais un colis à récupérer de la part d'un ami qui vit à l'étranger. Tu n'es pas censé être en train de supporter tes partenaires minables ?, se moque Sid.
- Je te retourne la question, dit Dan en se moquant également.

Perdant vite son sang-froid, Sid se jette sur Dan et l'empoigne par le col de sa veste. Sans qu' Dan ne puisse se défendre, il est vite plaqué contre le mur et Sid lui dit d'un ton menaçant :

- Fais gaffe, Lotyuwi. Tu n'auras pas toujours l'occasion de te foutre de nous. Tôt ou tard, ton beau petit monde sombrera et ça te fera moins marrer.
- Alors là …
- Là quoi ?
- Permets-moi d'en … d'en douter, dit Dan.

Il empoigne les mains de Sid, occasionnant une pression qui cause un petit craquement de ses mains. Sid relâche son étreinte et Dan en profite pour le soulever à son tour et le plaquer au mur. Sid est pourtant plus grand et sans doute plus lourd que Dan et pourtant, c'est ce dernier qui réussit à prendre un avantage physique sur son ennemi. Moi, je suis bouche bée devant la force physique dont Dan fait preuve. Son entraînement physique est incroyable. Après l'avoir plaqué au mur, Dan reprend :

- Nous allons tout d'abord nous qualifier pour la finale puis ensuite vous battre en finale … enfin, si vous y parvenez. Je ne vous souhaite pas bonne chance parce que ça ne se dit pas.
- Pareil mais moi, je ne vous aime pas donc je ne vous le souhaite pas. Maintenant, relâche-moi et rejoignons nos Arènes respectives.
- Ça me paraît être une bonne idée, dit Dan en relâchant son étreinte sur Sid. Tu viens, Mina ?
- Euh … d … d'accord.

Je salue Dan en le serrant dans mes bras pour lui souhaiter bon courage, avant de me retrouver dans les tribunes de l'Arène Delta, où leur Match a lieu. J'arrive et Shizuka me fait signe pour m'indiquer où ils sont assis. Ils m'ont gentiment gardé une place. Je demande alors où en était le Duel de Nejma et Veneko et ce que Jeff m'a dit m'a cloué sur place. Je regarde ensuite le Terrain où je vois les jumeaux qui ne sont pas tellement en super forme.

Au même moment, Dan rentre dans l'Arène et il voit le même spectacle désolant qui s'offre à nos yeux. Warren a l'air un peu dépité. Dan se dépêche d'arriver vers Warren et lui demande :

- Warren, dis-moi que Nejma et Veneko l'ont emporté ?
- Regarde par toi-même, répond ce dernier, tête basse.

Veneko est allongé, en étoile, et Nejma a la tête dans les bras, à genoux. Leurs adversaires, Silke Kühn, duchesse de Freising, et Ulrich Ackermann, comte d'Augsbourg, se félicitent de leur victoire puis viennent saluer leurs jeunes adversaires, même s'ils semblent se moquer totalement d'eux.

- Dan … ils n'ont quasiment rien pu faire. Leurs Decks étaient monstrueux et ils avaient eu de mauvaises mains.
- Ils ont eu quoi comme Decks ?
- Ulrich jouait Cyber Dragon et Silke avait un Bujin.
- Aïe aïe aïe, va falloir qu'on se bouge pour se qualifier.
- Au fait, t'étais où ?
- Je suis tombé sur Sid quand je cherchais Mina.
- Oh …
- Je me suis plutôt bien amusé avec lui en l'envoyant contre un mur…
- Si tu le dis …
- Maintenant, c'est à qui de faire un Duel ?
- Euh …

Il ne peut rien dire de plus quand Klothilde arrive pour narguer et tenter de provoquer un peu. Lorsque le bruit de ses talons hauts augmente, Warren soupire encore plus qu'avant. ''Et allez, revoilà l'autre cruche …'', laisse-t-il soupirer, ce qui fait sourire Dan.

- Alors, wunderbach les enfants !, dit-elle en riant. Plus qu'une manche pour arriver en finale. J'espère que la pression ne monte pas trop ?
- Roh … ça va, râle Warren.
- Restez poli quand même. Je sais que vous avez peu de chances de nous battre mais quand même. Si vous êtes incapable de nous battre, c'est tout simplement qu'on est plus forts que vous.
- Je ne sais pas ce qui me retient de vous coller une droite dans la face et de vous renvoyer dans votre château miteux en Bavière, s'énerve Warren.
- Wow ! Warren ! Calme-toi ! Tu ne vois pas que c'est justement ce qu'elle recherche. Si tu veux, je vais l'affronter, cette satanée princesse …
- Non ! J'ai dit que j'allais l'affronter et je tiendrai parole. Je tiens quand même à prendre du plaisir à ridiculiser la fille à papa toute pourrie gâtée.
- Il a raison et j'en ferai de même avec ce jeune blanc-bec qui regrettera de s'en être pris verbalement et physiquement à une princesse de sang royale.
- Calmez-vous tous les deux, dit Dan. Je suis un peu fatigué.
- Quant à vous, Herr Lotyuwi, vous serez opposé à ma chère Juliane Mueller.
- À qui ?
- Sa bonniche, souffle Warren à l'oreille.
- Sa quoi … ?, s'étonne Dan. Sa bonniche ? T'es sérieux ?
- Oh que non, lui dit Warren.
- Il s'agit de ma dame de compagnie, ma meilleure amie et ma plus farouche adversaire. Et au fait, elle a une jolie surprise pour vous, Herr Lotyuwi.
- Wow ! J'en ai l'eau à la bouche, dit Dan pour se moquer à la fois de Klothilde et de Juliane.
- Tu le regretteras bien assez tôt, dit Klothilde en quittant le Terrain, laissant ainsi la place à sa dame de compagnie pour son Duel.
- Au fait, si Juliane me bat, vous serez qualifiés et vous ne pourrez pas affronter Warren, lance Dan à Klothilde.
- J'ai eu l'autorisation du comité de pouvoir affronter Warren même si tu venais à perdre face à Juliane, lui répond Klothilde en riant.
- Formidable …

Juliane s'avance sur le Terrain de Duel. C'est la jeune femme qui accompagnait Klothilde l'autre jour pendant les finales de Tableaux. Elle porte une robe, tout aussi ravissante que celle de la Princesse Klothilde, celle-là étant de couleur verte émeraude, avec quand même quelques éléments vestimentaires de la domestique de base. On sent quand même qu'elle appartient à un immonde milieu de riches avec les colliers de perle et de pierreries autour du cou, les boucles d'oreille avec une topaze et un rouge à lèvres qui fait tellement riche. Son Disque de Duel doit être fait avec un peu de métaux précieux, étant donné la couleur. Elle fait face à Dan, faisant exactement la même taille que lui. Elle arbore un air plutôt glacial et insensible et toise Dan du regard. Ce dernier ne fait pas attention et se craque les doigts. C'est dans ces moments là qu'il siroterait bien une tasse de thé en portant un peignoir.

- Viel Glück, dit-elle.
- Vous aussi, dit Dan en rejoignant son extrémité de Terrain, tandis que Nejma et Veneko trouvent du réconfort auprès des enfants qui voulaient les prendre dans leurs bras.
- Vous êtes prêts ?, demande l'arbitre. Que le Duel commence !

Cette manche là vaut très cher. Si Dan l'emporte, on reste en course pour la finale, mais s'il vient à perdre … Je n'ose même pas imaginer ce qui se passera si la seconde option se réalise. Tout ce que je peux faire, c'est rester assise et regarder ce Duel avec la plus grande attention.


Dernière édition par Bloody Maiden le Dim 11 Fév - 18:15, édité 3 fois


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Re: Le Démon d'un autre monde

le Dim 23 Juil - 0:28
Chapitre 19.5 - Joute verbale ... (Spécial 02) [désolé pour la petite erreur de listage.]

Spoiler:
Deux jours après le tirage au sort, qui oppose donc notre équipe à celle de Klothilde, j'assiste à une petite séance d'entraînement dans la fameuse salle d'entraînement de Dan. Il a eu l'idée – brillante à ses yeux – de vouloir faire quelques Duels tout seul en pleine nuit. Warren est en train de regarder un dessin animé avec les enfants dans la salle cinéma, en compagnie de Jeff, Kylie et Sean. Les jumeaux sont en pleine préparation physique et psychologique avec Shizuka et Alicia, qui les massent pour faire chuter le stress. Moi, je reste donc avec Dan, toute seule dans cette grande salle. Je me demande comment ses parents ont pu construire cette salle avec tous ces ordinateurs et ces postes de contrôle. À un moment de son entraînement intensif, il s'approche de moi, après avoir gagné au moins dix fois consécutivement contre l'ordinateur, et vient même s'asseoir sur le canapé où je me trouve. Il reprend un peu son souffle et dépose son Disque de Duel à ses pieds.

- Tu ne t'ennuies pas trop ?, me demande-t-il. Tu es bien silencieuse.
- Non non, ça va, je crois que je suis un peu fatiguée.
- Ah bon ?
- Oui, avec le tournoi, le Match de dimanche, les enfants à la maison et les cours, je suis un peu épuisée.
- Tu veux aller dormir ? Tu as l'air d'être totalement à bout.
- Pas tout de suite. J'ai encore envie de te regarder un peu faire quelques Duels. J'aime bien te regarder jouer.
- Tu es sûre ? Parce que j'ai encore trois-quatre heures de Duels dans les bras.
- Je te le dirai quand j'irai me coucher.
- J'ai besoin de reprendre mon souffle donc je fais une petite pause, de toute façon. Alors je vais rester encore quelques minutes à côté de toi.
- C'est … gentil, dis-je avant de m'effondrer comme une masse dans le canapé.

En fait, je devais être super épuisée, plus que je ne le pensais, parce que mes yeux se sont fermés tout seuls, comme si je n'avais pas donné l'ordre à mon cerveau de le faire. À partir de ce moment là, la seule chose que je pouvais ressentir, c'est les bras de Dan qui disposaient mon corps de façon à ce que je sois parfaitement allongée dans le canapé. J'essaye difficilement d'ouvrir les yeux pour pouvoir voir ce qu'il est en train de faire. Mais le fait d'essayer de les ouvrir me pousse à faire un effort inconsidéré et douloureux. Mes oreilles semblent encore en état de capter des mots et des sensations quelconques.

- Tiens … une couverture, entends-je, tu auras plus chaud.

Dan a dû aller chercher une couverture pendant que je tentais d'ouvrir les yeux. Il l'aura dépliée et posée sur mon corps quasiment inerte avec une douceur que j'ignorais. Je sens que Dan est tout près de moi, assis à me regarder dormir comme un bébé. Il a, au passage, pris sa chaise pliante et se sera posté juste à côté de mon visage. J'arrive même à sentir sa main passer sur ma tête, comme s'il voulait me souhaiter une bonne nuit, mais qu'il n'arriverait pas à trouver les mots pour cela. Il passe sa main délicatement dans mes cheveux. C'est comme si j'arrivais à le voir sourire. J'arrive quand même à l'entendre dire quelques mots, si ce n'est une phrase :

- Repose-toi, Mina.

Ça, au moins, je crois que c'est une phrase complète que j'ai pu capter d'un bout à l'autre, même si elle n'est pas très longue. Mes yeux n'arrivent plus à distinguer quoi que ce soit mais je l'imagine avec un air tout à fait sérieux.

- Je vais garder un œil sur toi jusqu'à ce que tu te réveilles, mais dors autant que tu le peux.

Je crois que c'est ce que j'ai pu comprendre de sa phrase. Il est vraiment mignon. Il interrompt sans doute volontairement sa petite séance de Duel, probablement contre-productive étant donné qu'il ferait mieux d'aller dormir lui aussi, et ce, juste pour me regarder dormir. Pour ça, je crois que je pourrais le prendre dans mes bras pour le remercier mais … j'espère franchement qu'il fait ça par pur esprit de sympathie et d'amitié et pas pour tenter d'en profiter. C'est pas que je suis un peu méfiante des garçons mais je n'ai pas tellement envie que ça m'arrive. Est-ce que ce genre de pensées a déjà traversé l'esprit de Dan ? Je ne l'espère pas, pour tout dire. Et de toute manière, je suis pertinemment sûre que Dan n'est pas de ce type de garçon. S'il l'était, il baisserait énormément dans mon estime.

En tout cas, cette situation d'impuissance due à la fatigue absolue et le fait d'être surveillée par un garçon aussi charmant que Dan, je peux trouver ça agréable d'une certaine manière. Ça me rappelle un rêve que je faisais quand j'étais toute petite et que je m'imaginais être une jolie princesse d'un royaume magique – je devais avoir six ou sept ans, huit à tout casser. Je rêvais qu'un preux chevalier venait me protéger des attaques de méchantes personnes, et de créatures maléfiques comme des méchants dragons ou des sorcières. À cet âge, j'adorais dévorer des contes pour enfants dans le style Alice au Pays des Merveilles, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant et d'autres histoires de ce style. Et dans mes rêves, je m'imaginais en train de dormir et le preux chevalier me promettait de rester au chevet de mon lit, pour veiller à ce que je fasse de beaux rêves et que je ne sois pas victime de quelconques attaques mal venues. C'est un peu ce qui est en train de se passer dans cette salle d'entraînement de Duel. Après tout, Dan est comme ce preux chevalier qui me protège des remarques déplacées ou des agressions physiques et psychologiques. Depuis que j'ai fait sa connaissance à Kyuzô Park, il a toujours été là pour me défendre. Je me souviens qu'il m'avait dit cette fois-là qu'il sera toujours là pour défendre son amie.

Quand je fais les comptes, il a dû me venir en aide une bonne cinquantaine de fois, principalement et surtout pour me défendre des attaques sournoises de Warren et de sa clique au moment où ce dernier imposait sa loi sur tout le lycée. À chaque fois que Dan était présent dans les environs et que Warren avait l'idée de venir me chercher des crasses, Dan intervenait toujours. De façon générale, Dan est intervenu presque à chaque fois contre Warren après ses Duels – que j'arbitrais non sans me mordre la langue pour ne pas le disqualifier d'office – pour le calmer quand ses nerfs venaient à lâcher, ce qui arrivait facilement. Dan est réputé dans le lycée pour avoir un calme titanesque dans chacune des situations dans lesquelles il a été confronté. Ses interventions étaient justifiées étant donné que Warren s'en prenait souvent – toujours – aux plus faibles que lui, qu'ils soient nouveaux, filles ou blessés. Mais moi, j'étais souvent sa tête de turc quand il était dans sa période loubard.

Il y a une intervention de Dan au lycée que je ne suis pas prête d'oublier, c'est celle où il s'est vraiment, et pour la première fois, énervé face à Warren. Une fois encore, j'étais le point de départ de la dispute entre les deux garçons. Je venais de déclarer Warren vainqueur d'un Duel pour la 168è fois depuis qu'il est arrivé au lycée. Son adversaire n'avait même pas eu le temps de se défendre, les membres de la clique de Warren l'ayant légèrement amoché avant le Duel et lui ayant discrètement subtilisé ses meilleures cartes contre d'autres nettement moins puissantes et le désavantageant contre Warren. Si je me souviens bien, le chef de l'accusation portée par Warren, ce qui avait débouché sur le Duel, était un malencontreux coup d'épaule donne par le perdant du Duel, mais qui, en réalité, a sûrement dû être délivré par Warren lui-même, n'ayant pas trouvé de nouveau punching-ball sur lequel se défouler.

Enfin bref, je me souviens parfaitement que le gars que Warren avait battu, un type nommé Kazuo, essayait de se défendre devant moi, pour que je fasse recommencer le Duel, parce qu'il n'avait pas toutes ses meilleures cartes, qu'elles lui avaient été volées par les acolytes de Warren. Je suis certaine qu'il dit la vérité, et pour dire, j'ai même vu Sid et Donald, deux des acolytes de cette enflure de Warren prendre les cartes dans le sac du pauvre Kazuo pendant qu'il était aux toilettes. C'est limite s'il se met à genoux pour me supplier de recommencer le Duel. Warren s'approche de la scène, accompagné de ses acolytes, et dit :

- On devrait peut-être filmer et se le repasser au ralenti.

Cette remarque fait éclater de rire tout les spectateurs de la scène, moi exclue. Honnêtement, je ne sais pas tellement où me placer. Soit je prends le parti de Kazuo et je m'attire les foudres de Warren, soit je suis le parti de Warren et je me déshonore moi-même. Au moment où j'allais me prononcer sur ce contentieux, Warren m'interrompt pour me dire :

- Mina, tu as intérêt à faire gaffe à ce que tu vas dire.
- … Euh, me contentai-je de bégayer, sans doute intimidée par Warren.
- Tu as exactement dix secondes pour trancher son petit litige minable. Soit tu décides m'accorder la victoire ou soit tu acceptes de prendre pitié de ce gamin et le Duel recommence. Je serai toi, je méditerai rapidement sur ce que je dirai.
- Alors …
- Dix … Neuf … Huit …
- … Euh … je …
- Sept … Six …
- Je vais …
- Cinq … Quatre … Trois …
- Le Duel …
- Deux … Un … Zéro. Que vas-tu dire ?
- Je … je ne sais pas …
- Peut-être que ta langue va se délier si je t'envoie un coup de poing en pleine face.

J'écarquille les yeux. A-t-il vraiment l'intention de me coller son poing dans mon visage ? Je sais qu'il adore me menacer physiquement mais j'ai vraiment peur de ce genre de menace. Je recule un peu, en le voyant avancer, tout en détachant son Disque de Duel. Je suis dos au mur, un fusil collé contre la tempe et prêt à me défigurer. Donner la victoire à Warren me rendrait pas du tout crédible aux yeux des autres personnes. Faire redémarrer le Duel ou même disqualifier Warren serait lourd de conséquences. Warren n'a pas envie de devoir remettre une autre correction à Kazuo, estimant qu'il a d'autres élèves à brutaliser. Je recule encore un peu, jusqu'à ce que mon pied touche le mur des gradins de l'Arène de Duel du lycée. Je suis vraiment coincée et je sens que les quatorze phalanges droite de Warren vont bientôt s'abattre sur moi. Il m'agrippe par le col et prépare son poing. Je ferme les yeux et c'est limite si je fais une dernière prière parce qu'il risque de ne pas rester grand chose de moi. Et soudain …

- Stop !

Warren s'arrête net de bouger. J'ouvre à nouveau les yeux et j'essaye de voir d'où provient cette voix. Tout le monde regarde ailleurs et des bruits de pas se font entendre dans le couloir qui mène à l'Arène. Je crois avoir une petite idée du nom de la personne qui vient d'arriver. Les bruits de pas laissent place à une silhouette familière. Cette personne porte une chaise pliante dans la main gauche et la lanière de son sac dans la main droite. Dan entre dans l'Arène et vu l'air qu'il affiche, je crois qu'il va y avoir un petit règlement de compte entre lui et quelqu'un. Je le regarde avancer tranquillement, sans un seul bruit dans la salle entière. Il finit par poser sa chaise plainte et son sac contre le mur et s'approche tranquillement du cœur de la scène. Il s'arrête à deux mètres de Warren, ce dernier étant totalement surpris. Ensuite, il pose sa main droite sur le poignet de Warren qui me soulevait du sol. Il semble serrer à peine et cela a pour effet de relâcher son étreinte musclée.

- Laisse Mina tranquille, lance Dan.
- Pardon ?
- Je t'ai dit de laisser Mina tranquille.
- Je te demande de répéter.

Dan vient se placer devant moi, comme pour faire bouclier entre moi et ce loubard de Warren. Je ne sais pas tellement quoi penser face à cela. Il est toujours aussi calme mais là, je pense que le fait que Warren ait été tenté de porter la main sur moi doit l'énerver un peu. Warren semble toiser Dan de haut et fait un geste pour faire reculer ses sbires. Ces derniers lui obéissent aveuglément et tout le monde décide de s'écarter pour laisser place à une confrontation entre les deux personnes. Moi, je ne bouge pas, je suis un peu pétrifiée et le fait de voir Dan de dos en train de me défendre, je suis un peu touchée.

Spoiler:

- Je ne vais pas te le répéter une quatrième fois : laisse mon amie tranquille, Warren.
- C'est ton amie ?
- Oui.
- Sérieux ? … Tu te fous de ma gueule ? Qui voudrait être ami avec une cruche comme elle ?
- Moi.

Warren se met à sourire de façon plutôt narquoise, comme pour se moquer de nous deux. Je sais qu'il va sortir une pique assez acerbe envers Dan. Il le regarde, puis regarde le sol, et finit par dire :

- Tu es pathétique, Dan Lotyuwi. Tu ne te rends pas compte de l'aura que tu dégages dans ce lycée. Tout le monde est au courant que tu es l'un des gars les plus forts du lycée. Tu pourrais faire partie de ma bande et on pourrait plier tout le lycée à notre volonté, dit Warren en posant sa main sur l'épaule de Dan.
- Tu crois ?
- Mais évidemment que non. Je ne t'aime pas, Dan. Mais je te respecte parce que tu as les tripes pour te pointer dans ce lycée minable sans te faire virer. Mais je ne t'aime pas, tout comme chacune de ces loques qui croient qu'elles ont une chance de pouvoir nous battre, moi et mes amis. Je déteste chacune de ces personnes présentes dans cette Arène, et à commencer par l'espèce de pleurnicheuse apeurée qui se cache derrière ton dos.

Je prends très mal ce qu'il vient de dire. Dan ne bouge pas, se contentant d'écouter. Warren reprend alors le fil de son petit discours. L'Arène est totalement silencieuse, étant un peu obligée d'écouter le long monologue de Warren.

- Tu crois sans doute être le meilleur dans ce lycée avec tes grands airs de gars qui n'en a rien à foutre de venir s'asseoir sur une chaise à prendre des notes pour quelque chose qui ne te servira pas à grand chose dans les années à venir. Tu te crois le meilleur en te baladant avec ta petite chaise pliante, histoire de montrer que t'es un marginal. ''Wow ! Regardez ! C'est le loup solitaire Dan Lotyuwi qui vient de sécher cinq mois de cours consécutifs.''. Tu parles d'un modèle. … Et vu que tu ne dois pas avoir de problèmes avec l'autorité du lycée, je pense que tu dois leur filer un petit chèque pour ne pas avoir à te pointer, accompagné de la bonne femme qui s'occupe de la grande baraque dans laquelle tu vis, dans le but de t'expliquer pour tes absences répétées. Tu dois bien leur faire de la lèche, à tous ces cons, et encore plus à tous les élèves présents dans ce lycée, pour qu'ils te respectent. C'est bien la seule chose pour laquelle tu es meilleur que tout le monde, à égalité avec cette quiche répondant au nom de Mina : faire de la lèche aux adultes.

Je ne sais pas si ce qu'il vient de dire est vrai mais ce qu'il dit est totalement insultant pour lui et moi. Warren remet Dan à sa place, mais … est-ce qu'il a vraiment besoin d'être remis à sa place, étant donné que c'est l'élève qui fait le moins parler de lui directement.

- Donc moi, je vais te dire quelque chose d'assez cinglant : Tu n'es pas le meilleur mais juste une simple petite gamine apeurée qui a peur de se montrer au monde. Le meilleur, c'est moi. Je suis le meilleur depuis le premier jour et je le serai jusqu'au dernier. Je le suis dans l'enceinte du lycée, dans les salles de classe et même dans le Terrain de Duel. Je suis le meilleur depuis que j'ai mis les pieds dans cet endroit pour la première fois. Pour le moment, mon tableau de chasse en Duel affiche 168 victimes. Et crois-moi, je serai ravi d'exposer vos têtes à vous, Lotyuwi et Mizunori, au tableau d'honneur de mes punching-ball. Je pense que je pourrais prendre mon pied. J'espère le faire quand même avant de quitter cet endroit minable. Personne ne peut me surpasser, je suis intouchable et je surplombe ce lycée, en y imposant le sceau de ma domination incontestable.

Ça c'est clairement le petit coup d'autopromotion de la part de Warren. Personnellement, je trouve qu'il exagère – et pas qu'un peu –. Par contre, je ne pense pas que Dan compte se laisse faire, même s'il a toujours l'air d'être impassible, voire même totalement désintéressé par ce qu'on est en train de lui dire.

- Tout le monde a peur de moi et pour être honnête, j'adore ressentir ce sentiment provenant de ces lavettes incapable de se défendre ne serait-ce que cinq minutes dans un combat contre moi, que ce soit un Duel ou bien avec les poings. Personne, tu entends, personne ne peut me battre. Les surveillants n'osent même pas m'exclure. L'administration est impuissante face à moi. Je résiste aux balles. Je me considère comme le ''Hit-man'' du lycée. Les gens sont obligés de vivre en s'accommodant à ma façon de vivre. Je suis le roi et je compte bien le rester. Alors, Dan Lotyuwi, tu comptes rester les bras croisés et te laisser traiter comme un vulgaire déchet ou bien tu prends ce qui te reste de courage et de c******s et tu me fais face comme un homme à ma hauteur le ferait ?
- …

Dan ne répond pas, se contentant d'écouter Warren déblatérer tout son discours sur le fait d'être le meilleur au monde. Dan le fixe, limite comme s'il n'en avait rien à faire. La première réaction est qu'il se met à bâiller, sans doute d'ennui, devant les paroles lancées par son adversaire. Ensuite, il tourne la tête à droite, puis à gauche et l'incline pour enfin dire :

- C'est à moi que tu parles ?
- Oui.
- Désolé, je n'écoutais pas ce que tu disais. J'étais absorbé par mes pensées et sur ce que je pourrais faire à manger pour mon dîner de ce soir. Promis, j'écouterai la prochaine fois.
- Tu … oses … te moquer … de moi ?
- Oh mais je n'oserais pas me … moquer de toi ? N'est-ce pas, Haji Fuzenki ?
- COMMENT EST-CE QUE TU AS OSÉ M'APPELER ???, hurle Warren.

Warren soulève Dan par le col avec les deux mains et le plaque contre le mur. Je réussis à esquiver ce plaquage en glissant sur le côté. Warren semble ne pas y être allé avec le dos de la cuillère pour sa projection. Le bruit entendu a résonné dans l'Arène de Duel, provoquant des réactions de douleur sur les nombreux élèves qui regardent la scène. Puis, Warren va se retrouver confronté à quelque chose qu'il ne devait pas avoir prévu. En effet, Dan réussit à briser le plaquage maintenu au mur par Warren avec ses deux mains qu'il utilise en appuyant sur les dos des mains de son adversaire. Warren le relâche aussitôt. Puis, c'est au tour de Dan d'avoir quelque chose à dire, puisqu'il se met à faire deux pas en avant et se tenir presque nez-à-nez face à l'autre personne, les yeux dans les yeux.

- C'est donc pour ça que tu as fait changer ton nom pour celui de Warren ? C'est vrai que ça sonne largement mieux que d'emprunter un nom d'une autre culture pour couvrir ta honte …
- Ferme ta grande gueule, Lotyuwi ou je promets de te faire manger tes dents, dit ce dernier avec cette envie de transformer ses mots en gestes.

Honnêtement, j'ignorais tout en me doutant un peu que le prénom ''Warren'' n'était pas celui qui lui a été donné à la naissance. Dan remue un peu plus le couteau dans la plaie et son adversaire du jour n'a pas l'air d'apprécier du tout.

- Tu veux que je me batte contre toi et tes potes ? C'est vraiment ce dont tu as envie, Warren ?
- Oui, s'il faut en arriver là pour que tu arrêtes de me gonfler.
- Je vais te dire quelque chose, Warren Fuzenki, dit Dan. D'abord, j'en n'ai rien à faire que tu sois le meilleur dans ce lycée, dans la ville ou dans le pays entier. Pour moi, la seule chose à laquelle tu t'apparentes, c'est un petit gamin qui a des sautes d'humeur et qui a dû trop forcer sur le sucre. Fais gaffe, ça a beau être un excitant, tu peux en devenir obèse. Ta crédibilité en perdrait un peu, mais … pour être franc, je n'ai pas tellement vu ne serait-ce que l'ombre d'une parcelle de crédibilité dans tes paroles ou dans ton comportement. Et ça, depuis que j'ai pu perdre mon temps en t'écoutant.

Là, Warren n'éprouve pas grand chose en écoutant la réponse de Dan. On a l'impression que le jeune homme balafré est parti pour se lancer dans une de ces joutes verbales communément appelées ''clash''. Et là, il semble que Dan s'échauffe la voix.

- En fait, je déconne, j'avais parfaitement capté ton petit discours pitoyable et je t'ai entendu très clairement me signifier que j'étais meilleur que toi quand il s'agit de faire le faux-cul auprès de la direction pour justifier mes absences. Toi, la seule chose pour laquelle tu peux prétendre à un prix, c'est le fait de t'en prendre à des gens qui ne t'ont rien fait. Tu rejettes la faute sur quiconque oserait s'en prendre à toi. Tu es là, à te balader avec ta bande de pom-pom girls chaque jour, à chaque cours, à chaque repas, à chaque Duel, … Tiens, d'ailleurs, je serai vous, les gars derrière Warren, je penserai à aller voir ailleurs en cas de gros problèmes pour Warren. Il se peut que votre pathétique leader se fasse ridiculiser par quelqu'un qui ne s'est encore jamais battu. Si jamais il venait à perdre un combat, il se peut qu'il tomberait dans une déprime assez profonde et que son réconfort, il n'aura pas besoin de vous pour le trouver.

C'est quelque chose que je rêverais de voir : Warren battu en Duel. Je ne suis pas la seule à espérer une défaite de Warren. Est-ce que Dan serait le premier à vouloir pousser Warren dans ses derniers retranchements, et même en le faisant plier ? Je sais que Dan est fort mentalement mais est-ce que ses compétences en Duel valent le coup ? Là, j'en doute.

- Tu ne fais pas peur. Je n'ai pas peur de toi. Et pour être honnête, que tout le monde présent dans l'Arène écoute ! Vous n'avez pas à avoir peur de Warren Fuzenki. Ce gars est juste une blague. Un pauvre gars qui n'a jamais eu de véritables amis et qui, du coup, réussit à se rendre détestable au possible auprès des seules personnes qui pourraient lui accorder un certain soupçon de compassion. Tu vois, plus tu t'enfonces dans ta propre connerie, plus tout le monde te déteste et a une légère envie de te démolir le visage, en plus de tes lèches-pompes. Tiens, toi qui parlais de ça tout à l'heure en me qualifiant Mina et moi de ce terme. Je crois que toi aussi, tu aimes les lèches-pompes. Tout le lycée se pâme devant toi et ça, c'est répugnant. Ça doit être pas mal de se prendre pour un petit roi, affublé de tous ses courtisans qui ne veulent qu'une chose : se faire en****r comme preuve de respect.

Warren commence à grincer des dents. Dan remet en cause sa violence et son autorité et c'est vraiment plaisant à voir. Je suis plutôt contente de voir cette petite confrontation verbale entre ces deux personnes.

- Je crois que j'ai dû toucher un point sensible dans le groupe de lopettes qui se dresse en face de moi. Moi, je n'ai aucune prétention à être le meilleur dans quoi que ce soit. Je te respecte pour le nombre de personnes que tu as battu. Rien que 168 Duellistes vaincus, ce n'est pas rien. … Ne prends pas cela pour un compliment. C'est la manière dont tu les as battu qui me répugne. Oser défier des gamins qui sont limite novices dans l'art du Duel, c'est pathétique. Pour ça, je te méprise. Et de manière générale, je te méprise pour ce que tu fais dans ce lycée. La terreur n'est pas la meilleure méthode pour s'imposer ici. Moi, tu vois, je n'ai pas tellement envie de m'élever au-dessus des masses. La seule chose que je ferai à partir de maintenant, c'est défendre tous ceux auxquels tu t'en prendras. Que tu les défies en Duel ne me regarde pas mais lorsque tu auras l'envie de te défouler violemment sur eux, je serai là pour t'empêcher de te lâcher.
- C'est bon ? Tu as fini de dire des conneries ?, coupe Warren. Je commence à en avoir marre de t'entendre parler. Ce que tu dis, je m'en tape mais à un plus haut point. Et comme tu as énervé mes dix amis, qui ont une petite envie de te coller une petite correction. N'est-ce pas, les gars ?
- Ta voix … ta voix … ta voix, dit Dan, tandis que les acolytes de Warren hochent la tête.
- Qu'est-ce qu'elle a ma voix ?, demande Warren.
- Elle est absolument insupportable. Et quand on voit toute la merde que tu peux sortir, je n'ai qu'une envie, c'est de prendre du gros scotch et t'en coller sur le visage. Ou sinon, je prends ma chaise pliante, celle-là à côté de mon sac, et je prendrai la barre en acier qui sert de pied, … tu vois bien … et je l'enverrai volontiers dans le bas de ta mâchoire, rien que pour entendre le bruit de craquement des os. Après, ta bouche serait en sang et tes dents sortiraient une par une. Ensuite, je pense que je ferai autre chose sur tes acolytes, histoire de les entendre se plaindre du mal qui leur a été fait, par pure représailles pour tout ce qu'ils ont pu faire dans le lycée.
- Tu ne souhaiterais quand même pas faire un Duel contre moi ?, lance Warren.
- Non, pas de Duel … enfin, pas pour le moment.
- Aurais-tu peur de m'affronter ?
- J'attends juste la bonne occasion de te mettre la raclée de ta vie, une raclée si humiliante que ton bel univers dictatorial sera brisé en une myriade de débris que je m'occuperai personnellement de réduire à l'état de poussière.
- Alors pourquoi ne tentes-tu pas ta chance aujourd'hui ?
- Déjà parce que je n'ai pas mon Disque de Duel sur moi mais surtout parce que je compte te faire rentrer mon message autrement qu'avec des mots.
- C'est-à-dire ?
- Tu veux une explication ?

Dan enlève son manteau, révélant un T-Shirt rouge bordeaux avec un crâne noir. Il est un peu trop moulant pour lui, ce qui a pour effet de faire rougir les filles présentes dans l'Arène, et … moi compris. Il a vraiment l'air très musclé. Warren ne semble pas tellement effrayé et se contente de sortir.

- Oh … mais monsieur fréquente les salles de musculation.
- Non, je suis juste très sportif. Et si tu veux que je règle ton compte à toi et tes pom-pom girls, c'est quand tu veux.
- Je ne vais pas me battre avec toi. Ce Duel contre cette larve de Kazuo et le fait de t'avoir entendu, ça m'a épuisé. Je vais laisser quelques uns de mes gars s'occuper de toi. Et après, quand ils t'auront amoché, je te forcerai à me supplier d'être clément avec toi. Et peut-être que je t'épargnerai une humiliation suprême devant tout le lycée.
- Chaque personne que tu enverras contre moi finira à terre.
- Jil, Frank, Toni, Marco, Terry, Rashidô ! Éclatez la face de ce petit crétin ! Ne retenez pas vos coups.

Ce qui se passe est tellement extraordinaire. Dan se retrouve dans un combat à un contre six, soit une lutte des plus déséquilibrées. Marco et Toni font de la boxe et les autres ont appris à se battre comme de vrais loubards de rue et seraient capable de briser le crâne d'un gamin de sept ans avec un coup de pied en pleine tête. Mais visiblement, Dan n'en a que faire de leur petits coups. Il fait face aux six personnes, souvent plus grandes de lui.

- Je me fiche de savoir combien vous êtes. Je me fiche de savoir si vous êtes plus grands ou plus forts que moi. Je vous ferai mettre à terre de toute façon.

En une série de coups précis, Toni finit par être propulsé dix mètres en arrière. Les autres le regardent avec des yeux écarquillés. Comment a-t-il fait pour balancer Toni, un gaillard d'1,88m et de 98 kg, à une distance aussi lointaine et avec autant de force ? Toni a reçu quatre coups de poing dans l'abdomen, un coup de pied en pleine tête, un coup de genou dans le maxillaire inférieur et un saut chassé en pleine tête qui a eu pour conséquence la réaction choquée des autres gars envoyés pour écraser Dan. Sans réfléchir, les autres se jettent simultanément sur Dan, presque à créer une espèce de mêlée. ''Avec un poids combiné de 400 kg, il a avoir du mal à s'en remettre'', me dis-je. Dan a beau avoir expulsé Toni de façon magistrale, je doute fortement qu'il se débarrasse des autres aussi facilement.

Puis, les cinq autres personnes se relèvent et on peut voir Dan à terre, sans doute inconscient. Warren se met à rire, tout comme chacun des membres de sa clique. Mais ce rire se transforme en stupéfaction lorsque Dan se relève comme s'il était tombé d'une chaise. Il s'étire les bras et craque ses doigts. Jil, Frank, Marco, Terry et Rashidô sont bouche bée devant la réaction de Dan. Ils n'ont pas le temps de dire quelque chose qu'ils finissent tous projetés à terre, sous une pluie de coups extrêmement précis, rapides et puissants délivrés par Dan. Les autres membres de la clique, Warren, Sid, Ryô, Koji et Donald, sont pétrifiés devant cette démonstration des plus magistrales de la part de cette personne répondant au nom de Dan Lotyuwi, qui se tient devant moi, sous les regards admiratifs de la plupart des élèves, restés pour assister à la petite conversation entre lui et Warren.

Spoiler:
Dan remet son manteau et me tend la main pour me relever. Il vérifie si je n'ai pas de quelconque blessure. Ensuite, il tient à nouveau tête à Warren en sortant quelque chose que je ne suis pas prête d'oublier :

- Tu vois, Warren, peu importe si tu envoies toute ta clique contre moi, je la démolirai avec la manière.

Warren continue à grincer des dents. Il commence un peu à perdre son mal en patience. C'est limite s'il se sent gêné face à la prestation de Dan.

- Mais là, il faut qu'on mette les choses au point entre nous. Tu vois, tu démolis un pauvre Duelliste, et après il faut que tu te mettes bien en évidence dans cette Arène ou dans le reste du lycée. Puis tu déclares de ta voix insupportable et tu dis ça.

Dan s'arrête net de parler. Il regarde tout autour de lui et sourit à mon intention et à celle de Warren. Il prend une grande inspiration et s'éclaircit la voix.

- Aujourd'huieuh, dit Dan en imitant la voix de Warren. Je suis le meilleureuh … dans ce lycéeeuh et cette Arèneeuh … pour les vingts prochaines minuteseuh …, je vais parlereuh … pour absolument rien direeuh … Tu vois, moi je vais te dire … euuuh … tu crains totalement ! À partir ce moment, je vais essayer de compliquer ta vie le plus possible. Je vais prendre la haine que tu as pour moi et Mina et … te la coller où je pense. Et si j'ai bien entendu, tu as parlé d'être le ''Hit-man'' du lycée. Alors que je me fasse bien comprendre. Si on met la lettre ''S'' devant ''Hit-man'', vous avez mon opinion personnelle exacte à propos de Warren Fuzenki.
- ''Celle-là a le mérite d'être plus que directe.'', me dis-je, tandis que les autres spectateurs se délectent de cette joute verbale
- Je sais que tu n'es pas quelqu'un de futé, Warren Fuzenki. La preuve, tu ne fiches rien en cours. C'est limite si tu te pointes dans la salle de classe, tu t'assieds et le prof demande : ''Les enfants ? Est-ce que vous savez combien font deux plus deux ? Est-ce que tu le sais, Warren Fuzenki ?''. Et là tu réponds : ''Je connais la réponse à deux plus deux ! Takeshi Kitano, enfoiré !''. Tâche au moins de connaître la définition du mot travail, chose qui pourra peut-être te sauver du caniveau, là où tu risques de finir si tu continues à rester dans cette voie-là.
- …
- Et au passage, laisse-moi te rappeler quelque chose. Tu n'es rien ! Vraiment rien ! Tu n'es pas quelqu'un de bien, comme chaque élève martyrisé dans ce lycée, comme Mina ou le pauvre Kazuo. 85 kilos inutiles, 1,87m inutiles … Attends, excuse-moi une seconde. Mon portable est en train de sonner dans ma poche. Holà … Eh, c'est Personne ! Elle me dit qu'elle te connaît ! Tu n'es rien ! Faudrait peut-être changer un peu les méthodes de vie parce qu'elles sont un peu obsolètes.
- …
- Et ce n'est pas onze personnes pathétiques dans votre genre qui vont me faire peur. Moi, je suis prêt à botter le derrière de chaque personne qui ose me provoquer indirectement, c'est-à-dire en provoquant l'un d'entre eux dans le lycée et surtout Mina. C'est ma seule amie dans cet endroit et je la protégerai des stupides personnes que vous êtes. Je m'en prendrait à Marco, à Donald, à Sid, à Frank, à Jil, à Warreneuh … oh ! On en s'en moque de comment que vous vous appelez dans votre petite équipe minable. Après, je ne critique pas ni n'insulte pas votre intégrité parce que là, vous auriez pris un paquet d'insultes dans la gueule.

Dan vient d'être extraordinaire dans la façon dont il a remis Warren à sa place. Ce dernier ne sait pas comment il a fait pour se retrouver dans cette position. Personne n'avait entendu Dan parler aussi longtemps. À présent, ils voient tous Dan comme une figure de la révolte face à Warren.

- Allez, je m'en vais, la journée de cours est terminée. Je rentre chez moi. À demain, Warren.

Dan reprend donc sa chaise pliante et son sac et sort de l'Arène. Je me hâte de le suivre, étant donné que j'habite en face de chez lui. Je rentre très rarement en sa compagnie, étant donné qu'il vient à sa guise. On sort du lycée et je regarde derrière moi pour voir si Warren et ce qui reste de sa compagnie. Dan me dit alors :

- Ne t'inquiète pas. Il ne va pas nous suivre. Il s'est senti tellement blessé dans son orgueil qu'il n'osera pas être violent pendant au moins une semaine. Tu vas pouvoir être tranquille pendant ce temps là.
- Tu … tu crois ?
- Bien sûr. Allez, je t'emmène manger une gaufre en ville.

Je souris à l'idée de manger une gaufre en compagnie de Dan. C'est lui qui la paye, ce qui est un beau geste de sa part. Ensuite, une fois les deux gaufres achetées, on se dirige vers Kyuzô Park, l'endroit où on est vraiment devenus amis. On s'assied sur le même banc et on regarde le même lac. Je suis toute souriante en mangeant quelque chose en sa compagnie. Au moins, je me sens en sécurité, ce qui était rare auparavant à cause de Warren. Je demande alors à Dan :

- Pourquoi est-ce que tu t'es lancé dans cette petite joute verbale avec Warren ?
- Simple plaisir de le voir s'énerver parce qu'il sait parfaitement que j'ai raison.
- Tu n'as pas peur qu'il se mette à te faire mal ?
- Alors là, je l'attends de pied ferme.
- Donc tu n'as vraiment peur de rien ?
- Pas de Warren et de sa clique. Mais ce n'est pas la raison qui m'a poussé au clash avec lui.
- Ah bon ?
- Oui. Tu sais, la première fois qu'on a vraiment discuté ensemble, c'était ici. Et je t'ai juré que je serai toujours là pour éviter d'avoir à conduire ma meilleure amie à l'infirmerie parce qu'un sale type a explosé sa colère sur elle.
- Oh …
- Tu as dû comprendre que c'est toi, ma meilleure amie. Cela veut dire que je serai là quoi qu'il arrive pour te défendre des brutes. Tu étais sur le point de te prendre une série de droites de la part de Warren et je t'ai épargné.
- C'est … vraiment …
- Tu allais quasiment te mettre à pleurer, ce qui aurait fait rire Warren. Et je n'aime pas te voir pleurer quand tu te retrouves face à lui dans un mauvais moment. Il n'a pas à te traumatiser pour ça.

Je me contente de finir ce qu'il reste de ma gaufre et je serre Dan dans mes bras, ce qui semble le surprendre totalement. Et là, je me mets à fondre en larmes, de chaudes larmes. Je reste accroché à lui pendant de longues minutes sans bouger. Puis, il me serre également dans ses bras et m'embrasse sur le front. Il ne dit rien, se contentant de me serrer dans ses bras. Puis, nous repartons en direction de Kamen Street où je continue à m'accrocher à son bras. Ça n'a pas l'air de le gêner mais au moins, je me sens super réconfortée. Même si je suis certaine que Dan et moi ne sortirons jamais ensemble, j'ai l'impression d'être la fille la plus heureuse du monde dans ce moment là. Je sais qu'il sera toujours là pour me défendre.

Il m'a dit aussi qu'il n'a pas envie d'avoir une petite amie parce qu'il a d'autres préoccupations et qu'il s'estime indigne de s'afficher avec une fille avec son comportement. J'apprécie beaucoup le fait de me blottir dans les bras de Dan. Il a un côté tellement protecteur que je trouve assez adorable. Quand je le serre dans mes bras, c'est comme si je me trouvais dans les bras d'une figure fraternelle. Et là, je repense à ces rêves que je faisais à propos de ce chevalier preux qui me défendait contre le Mal. Et je crois que ce preux chevalier prendrait la forme de Dan. Oui, je pense qu'il pourrait être mon preux chevalier. Je me fais beaucoup de films mais je sais que Dan sait qu'il compte beaucoup pour moi.

Lorsque j'ouvre à nouveau les yeux, j'essaye de découvrir l'endroit où je me trouve. C'est … la salle d'entraînement de la maison de Dan. Je regarde autour de moi et il n'y a pas qu'une personne qui se trouve dans cet endroit. Je bouge un peu la tête et je vois que Dan, Nejma, Veneko, Warren, les Flame Charmer et Shizuka sont en train d'encercler le canapé dans lequel je me trouvais en train de dormir. Je me relève, me frottant les yeux et en demandant :

- Il est quelle heure ?
- Environ trois heures du matin et il est samedi, dit Warren.
- J'ai dormi combien de temps ?
- À peu près quatre heures, me dit Veneko.
- Ça fait un bout de temps qu'on te regarde dormir, dit Sean.
- Ah … Ah bon ?, dis-je, en me grattant la tête, toute gênée.
- Je suis resté à tes côtés tout ce temps, me dit Dan.
- Je … J'ai dû perturber ta séance d'entraînement … ?
- Non, ne t'inquiète pas pour ça, me répond-t-il.
- Quand je suis entrée dans la salle pour voir où en était Dan, vous étiez tellement mignons tous les deux tous seuls, dit Shizuka. J'ai même pris une photo tellement j'ai trouvé ça chou.
- Je confirme, dit Alicia. Dan qui veille sur toi un peu comme un chevalier qui surveille sa princesse. T'as vraiment beaucoup de chance, Mina. J'aurais voulu être à ta place - …

Je rougis fortement, me rappelant ces rêves d'enfant. Je crois que Dan rougit également. Je décide alors d'aller me coucher dans une des chambres à l'étage, suivie ensuite par le reste de l'équipe. Les Flame Charmer nous souhaitent bonne nuit avant de rentrer à l'hôtel Saint-John. Warren me salue et va se coucher, idem pour Nejma et Veneko qui restent dormir ce week-end. Puis, une fois avoir souhaité une bonne nuit à Shizuka, je me retrouve seule dans le couloir en compagnie de Dan. Je lui demande alors :

- J'ai parlé pendant mon sommeil ?
- Non …
- Ah …
- Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
- Pour rien. Je faisais un peu d'exploration dans mes souvenirs.
- Ah bon … et tu te rappelais de quoi, sans être indiscret ?
- La fois où tu avais eu cette joute verbale contre Warren, dans l'Arène de Duel du lycée. Tu te souviens de sa victoire litigieuse contre Kazuo ?
- Oui, je me souviens parfaitement.
- Tu y avais été assez fort avec lui à l'époque.
- Oui mais je crois que maintenant, il a pris du ferme et maintenant, c'est lui qui provoque des mauvaises personnes comme Klothilde.
- Pourquoi est-ce que tu m'as demandé ce à quoi je pensais ?
- C'est juste de la simple curiosité, rien de plus. … Allez, je vais te laisser.
- En fait, tout à l'heure …
- Hmm ?
- Alicia a parlé de toi en tant que preux chevalier défenseur d'une princesse.
- Et je suppose qu'à tes yeux, tu es la princesse et je suis le chevalier défenseur qui veille sur toi.
- Euh … oui, dis-je en rougissant, en baissant un peu la tête et en faisant la toupie avec la pointe de mes pieds.

Dan ne répond pas mais je crois qu'il rougit également, chose assez rare chez lui. Je crois qu'il laisse échapper un léger rire, chose également rare dans ce genre de moment. Je me contente de le regarder essayer de trouver une réponse. Je crois que j'ai réussi à le perturber un peu, ce qui est, en soi, un véritable exploit.

- C'est gentil …, dit-il.
- Ça me rappelle mes rêves quand j'étais petite, dis-je, histoire de continuer un peu la conversation, espérant une petite réaction.

Il s'approche de moi et me serre dans mes bras. Moi, je suis totalement bloquée ; je ne sais absolument pas quelle réaction avoir par rapport à son geste. J'adore quand il me fait un câlin mais je me sens un peu niaise de lui avoir dit ça. Mais visiblement, ça n'a pas l'air de trop le gêner puisque je suis dans ses bras.

- Je m'assurerai à ce que tu continues à rêver en paix, me dit-il. Tes rêves sont magnifiques et ça te rend vraiment adorable quand tu en parles.
- Oh … c'est … c'est gentil, dis-je en souriant et en rougissant.
- Je veux que ma meilleure amie continue à vivre dans un monde où elle pourra côtoyer continuellement le bonheur.
- Tu es vraiment quelqu'un de formidable.
- Allez, bonne nuit, ma petite princesse, dit Dan en ouvrant la porte de sa chambre.
- Bo … Bonne nuit, lui dis-je en le voyant sourire.

Je me rends dans ''ma'' chambre, celle que j'occupe quand je viens dormir ici. Je pourrais rentrer chez moi, étant donné que c'est en face mais bon, être entre amis, c'est toujours mieux. Je m'allonge sous la couverture et me rendort aussitôt après avoir éteint la lampe. Je me remets à penser de ce qui vient de se passer, entre ma sieste dans la salle d'entraînement et le souvenir de ce clash entre Warren et Dan. C'est là où je me dis que ces deux gars sont devenus amis très proches depuis leur Duel. Je me rappelle que ce clash avait eu lieu au moins un mois et demi avant leur Duel. Depuis ce clash, Warren n'a pas osé trop me provoquer, même s'il a été assez odieux avec cela. Mais en tout cas, je suis super heureuse de voir que ces deux personnes sont devenues amies et protecteurs envers moi. Comme quoi, une petite joute verbale peut avoir des effets positifs.


Dernière édition par Bloody Maiden le Dim 11 Fév - 18:30, édité 3 fois


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